Ch. YIl; cf. p
politiques ou sociaux du monde gaulois, la façon dont les empereurs ont fixé leur rôle et ordonné leur existence.
Avant la conquête, un Gaulois appartenait, à raison de sa naissance, à trois sociétés humaines. Par le lien du sang, il était l'enfant d'une famille'; par le lien politique, il était le citoyen d'une cité, Rèmes ou Éduens - ; enfin, à ces deux puissances sociales, essentielles et nécessaires, s'ajoutait la Gaule ou « le nom gaulois », patrie nationale groupant toutes les cités, et qui, pour être le plus souvent lointaine ou méconnue, n'en exerça pas moins sur les âmes délite les séductions de son empire ^ — Peut-être faut-il rappeler une quatrième sorte de société, la confrérie, l'alliance libre entre les hommes de même condition ou de même croyance : car ce cadre d'une vie commune, qui tenait à la fois de la famille et de la cité, ne fut point, je crois, étranger aux habitudes celtiques".
Famille, collège, cité et nation même, ces quatre formes d'êtres collectifs furent maintenues à l'intérieur de l'Empire. Nous allons voir de quelle manière l'Etat romain les adapta à son droit et les fit servir à son gouvernement. — Commençons par les sociétés qui s'imposèrent le plus à lui par la nature des choses et la force des traditions, la cité et la famille.