‹ Histoire de la Gaule (volume 5)Chapitre 433 sur 792 · Mommsen, Staalsrecht, 2° éd.. II, p. 71; 3", p · texte numérisé non relu

Mommsen, Staalsrecht, 2° éd.. II, p. 71; 3", p

6. A Bordeaux, sous Claude? (C. /. L., XIII, .596-600) : sur ce point, l'origine indigène de ce titre n'est pas douteuse. De même, dans la cité alliée des Voconces, où la préture, contrairement à l'usage, parait être demeurée trèd longtemps la principale magistrature (C. /. L., XII, 1369, 1371, ceux-ci à Vaison, et peut-être faut-il lire prœfectus; 1584, 1586, 1589, ceux-ci à Luc et à Die). — On peut hésiter entre une origine latine et une origine indigène dans les colonies suivantes. Avignon plutôt que Nîmes : XII, 1028, où il faut lire, non pas pr(œtor) Volcar{nin), mais Volc{ano) ar{aiii). Aix : XII, 517; 4409 : Ilvir prœtor. Carcassonne : 5371. — A Narbonne, il ne peut s'agir que d'un titre lalin (XII, 4338, 4428, 4429. 4431 : pr. duonwir).

1. N. 6 : soit seul, soit associé à celui de duunwir. — Sur ce titre : Herzog. De quibusdam prœloribus Gallix Narbonen^is inunicipalibus, Leipzig, 1862; Hirsclifeld, Gallische Sliidien, dans les Silzungsberichte de l'Académie de Vienne, phil.hist. Classe, CIII, 1883, p. 308-310.

férence s'effaçait entre leurs cadres municipaux et ceux des peuples gaulois.

Ce nom de préteur finit à son tour par disparaître de partout. Il ne convenait guère à ces magistrats locaux, ombres de pouvoirs abolis ; il risquait de leur donner un orgueil ou de leur prêter une importance qui eussent fait contraste avec la réalité. Dès le cours du premier siècle, on voit paraître à la place ^ le titre de duumvir- ou. plus rarement, celui de quatuorvir\ titres infiniment plus modestes, et qui ne rappellent et ne signifient rien. Ces noms vont désormais s'appliquer, en Gaule et dans tout l'Empire, au type consacré de la magistrature municipale. Marseille elle-même s'est 'résignée à les accepter, abondonnant pour ces mots latins les formes huit fois séculaires de ses institutions helléniques ^

Le duumvir. comme le vergobret d'autrefois, est un chef de justice, et il peut ajouter à son titre la formule de Juredicimdo^.

1. Sauf chez les Voconces (p. 337, n. 0). cité fédérée (p. 2'M}, u. 1).

2. En Narbonnaise : à Arles, Orange, Béziers, Narbonne, Fréjus, Valence, colonies de César (p. 3i-2). — A Vienne, le titre de duumvir a remplacé celui de quatuorvir (cf. Hirschfeld, C. /. L., Xll, p. 218), peut-être lorsque la cité obtint la pleine bourgeoisie (p. 32, n. 3). — Peut-être un changement pareil à Avignon (cf. 1029 et 1031 à 1120), à Antibes fXII, 176, add.: cf. 175 et 179),à Aix (cf. 524 à 529). — Dans les Trois Gaules, il y a des duumvirs à Nyon, à Lyon, vieilles colonies romaines (p. 36, 43). — Mais il y en a aussi dans les cités tributaires ou libres, Dax, Périgueux, Éauze, Oloron. Saintes, Autun, le Velay, Trêves, ou de droit latin, Auch. — Le titre est constant dans les .\lpes : on le trouve à Briançon. Brianconnet. Embrun, Castellane, Yencc, chez les Xantuates. — Bien qu'on puisse songer à un caractère romain pour le duumvirat, je ne peux exclure, dans ces villes gauloises, une origine indigène. Les inscriptions sont d'ailleurs trop peu nombreuses pour affirmer qu'il ait été partout la forme par laquelle a débuté la magistrature à la romaine. — Le duumvirat s'est même installé à Marseille (C. /. L., V, 7914), au lieu et place des triumvirs helléniques (t. I, p. 435).

3. Se trouve surtout en Narbonnaise : à Aps des Helviens, Riez, Toulouse, Nîmes, Vienne au début (n. 2), Avignon (n. 2), Aix? (n. 2), Apt, Cavaillon, Antibes (cf. n. 3). On en a conclu que ce titre a caractérisé les colonies latines (cf. p. 32, n. 3, p. 77, n. 1). Mais il faudrait être sûr, d'abord que ces colonies ont été colonies latines: ensuite, qu'il y a un lien entre le jus Latii et l'existence de quatuorvirs (ce qui est fort douteux, cf. Liebenam, p. 255-6); enfin, qu'il n'y ait pas eu à l'origine une institulion indigène expliquant ce titre de quatuorvir.

4. P. 338, n. 2, p. 340, n. o. L'époque de cette substitution est fort difficile à indiquer. Au plus tard sous les Sévères (cf. C. /. L., XII, p. 55).

5. Duumvir juredicwido oujurisdicundi, notamment à Vienne (C. /. L., XII, p. 938), quattuorvir etc., notamment à Nîmes {id., p. 935).

Mais la déchéance de ces juges municipaux est aussi profonde que celle des consuls romains. Ils ne connaissent, au civil, que des moindres sommes ' ; au pénal, que des moindres délits. S'ils peuvent incarcérer des coupables ^ interroger des prévenus \ au besoin même faire fustiger des esclaves ou des j?ens de peu \ il ne leur appartient plus de décider de la fortune, de la liberté et de la vie des hommes.

Ils n'en demeurent pas moins les plus hauts personnages de leur cité. C'est à eux qu'il incombe d'y assurer le bon ordre et la marche des affaires publiques ^ Leur nom, comme celui des consuls dans l'Empire % sert à dater les fastes de l'histoire municipale". Un solennel décor encadrait leur vie et leur actes : ils siégeaient sur une chaise curule^ ils étaient revêtus d'une robe bordée de pourpre ^ des faisceaux annonçaient leur présence '". et c'était autour d'eux un long et bruyant cortège de licteurs ^\ de hérauts'-, d'appariteurs '^ de greffiers ^^ de courriers ?% d'aruspices '% de musiciens'' et d'esclaves'**. Tandis que les lettrés de

1. Dix à quinze mille sesterces dans certaines villes: lex Rubrin, xxi-xxu; fragment d'Esté; Dig., II. 1, 20; etc.

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