CHARGES MUNICIPALES OU <■ MUNERA
Tout alla bien, tant que les Gaulois furent riches, que la vie municipale garda son prestige. Viennent les temp.s de misère ou l'ennui des plaisirs et des renoms provinciaux : l'aristocratie locale cherchera à se débarrasser de ses prérogatives onéreuses, elle fuira ses villes, leurs charges et leurs dignités \ Ce ne fut pas toujours un avantage, dans une cité antique, que d'avoir de la fortune : en abandonnant le pouvoir et la gloire aux riches, on réclama d'eux plus encore qu'on ne leur accordait-.
D'autres services publics incombaient aux confréries \ Les unes desservaient les autels des dieux municipaux, d'autres participaient à la célébration des jeux publics^. Celles qui réunissaient les ouvriers du bâtiment, étaient requises pour le service des incendies". — Ce n'était point, d'ailleurs, sans recevoir en échange quelques honneurs et privilèges''.
L'existence d'une cité, dans la Gaule impériale, comportait donc pour ses habitants plus de devoirs', et, à certains égards, plus de profits que dans la France moderne. Les plus riches y commandaient : mais que de dépenses on exigeait d'eux! Les plus pauvres y obéissaient : mais c'était pour eux, pour leur pain ou leurs jeux, que se faisaient ces dépenses. TouïTles habitants d'une ville vivaient encore de cette vie commune et solidaire, dont les temps de la liberté leur avaient imposé l'habitude.
1. Le règlement de Marc-Aurèle pour restreindre les Irais de gladiateurs, règlement qui vise surtout la Gaule, marque qu'il a été fait pour restiluere labenteni civitaliuin slalum et prxcipitantes jam in ruinas principalium. viroruni fortunas (C. /. L., IL 6278). P. 33G, p. 440, p. 604, n. 6; cf. p. 335, n. i.
2. On trouvera la liste complète des munera dans le Digeste, L, 4, surtout IS. Cf. Kuhn, Die stàdt. ... Verfassung, l. 1864. p. .35 et s.: Houdoy, p. 451-481; Ohnesseit, Philologus, XLIV, 1885, p. 518-556 {Dus niedere Gemeindeamt in den rœmischen Landstadten) ; Kornemann, R.-Enc, IV, c. 1800 et s.