‹ Histoire de la Gaule (volume 5)Chapitre 477 sur 792 · LES ESCLAVES · texte numérisé non relu

LES ESCLAVES

effets de la conquête fut de le réduire fortement. Il était incompatible avec la discipline d'un Etat régulier, dangereux pour l'ordre public, gênant dans les. procédures juridiques; les lois romaines ne le connaissaient pas, et il échappait à tout contrôle. Les nobles eux-mêmes ne durent point tenir outre mesure à se faire servir par des hommes libres, qu'aucun contrat rigoureux ne pouvait lier à leur personne. Il fallut peu de peine, Rome aidant, pour que l'esclavage prît la place du prolétariat salarié : il était d'un emploi commode, sanctionné par la loi. soumis à des règles minutieuses, oii le maître et l'État trouvaient chacun son compte; puis, dans ce vaste Empire, les esclaves étaient devenus si nombreux sur tous les marchés, d'aptitudes si variées, de prix si divers ' !

Si les riches en acquirent des centaines-, le pauvre put posséder le sien : l'on vit refleurir dans les provinces celtiques la vieille coutume romaine de l'esclave familial, le verna, uni de père en fils à la lignée du maître, vivant comme lui près de la flamme du foyer et de la pierre du tombeau ^ Il y eut des esclaves affectés au service personnel du chef de la famille, d'autres à la culture de ses terres. On eut parmi eux des domestiques, des laboureurs et des bergers, attachés, ceux-là à la maison^ ceux-ci à la glèbe ' ou au bercail °. Les cités ', les coude sa suite ou de sa clientèle d'autrdois (ici, p. 372-3. p. 157, n. 4). L'expression de clicns, sans être proscrite de l'épigrapliie (G. /. L., XII, 2208, 3911), y peut désigner un aiïranclii (XII, 3773 comparé à 3296; cf. Wissowa, Rcal-Enc, IV, c. 53-4). — Dans une série d'inscriptions de Dijon, l'ensemble des membres de deux corporations d'artisans se disent clientes d'un grand seigneur du pays, mais qui est leur patron (C. /. L., XIII, 5474-5).

1. Pour tout cela, t. V. Cf. Wallon, Hisl. de Vesclavage dans ^Antiquité, II et 111, 2' éd., 1879.

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