IV. — LES AFFRANCHIS
Les progrès de l'esclavage dans les Gaules ont eu pour conséquence d'y multiplier une catégorie dhommes que nous n'y avons point rencontrée au temps de l'indépendance, celle des affranchis ^
Lorsque les esclaves achetaient ou obtenaient leur liberté (ce qui arrivait fort souvent dans ces siècles de rapide enrichissement et de mœurs faciles), ils ne rompaient pas les liens légaux et moraux qui les unissaient au maître et à sa famille. Eux, sous le nom d'affranchis {liberti). lui, sous celui de patron (patronus), continuaient à être tenus par des droits et des devoirs réciproques de déférence, d'assistance et de protection ^. Cette sorte de serviteurs, à la fois dévoués à un patron et jouissant de leur liberté, devait rappeler aux Celtes les clientèles d'autrefois : et peut-être, si nouvelle qu'elle paraisse en Gaule, l'institution classique de l'affranchi n'a-t-elle fait que s'adapter à l'institution indigène du client, en prendre les usages et lui ménager une survie".
Dans la vie familiale, les affranchis tiennent plus de place