LES PANEGYRIES DU CO>'FLUENT. 43'J
d"hommes les plus diverses pouvaient y trouver leur plaisir, les lettrés de la colonie romaine, la populace des cités gauloises, les rudes paysans des campagnes.
Ces jours-là, toute la Gaule semblait accourir autour de lautel du Conlluent '. C'était un extraordinaire mouvement de foule. Un grand marché se tenait pendant la fête-. Lvon apparaissait alors, comme l'avait voulu la nature, un lieu de foire universelle '.
Que de craintes aurait dû inspirer à l'Etat romain cette réunion d'hommes, de chefs et de populaire! Il v a là, assemblés en corps, les premiers des citoyens de la Gaule % délégués de cette nation qui fut jadis indépendante. Et il y a là. autour d'eux, une armée formidable de prolétaires et de campagnards '. Cela rappelle les grands jours du nom celtique à Bibracte ou à Alésia''. De chers souvenirs peuvent se réveiller, des espérances renaître, de folles résolutions grandir.
Mais. — et ceci est une nouvelle merveille de Thabileté romaine. — ces assemblées se tenaient au pied de Lyon, sous le regard de son gouverneur, de ses vétérans, de sa garnison. La grande citadelle surveillait et menaçait les propos ou les désirs de la Gaule indigène, tassée à l'ombre de ses remparts". Otages aussi bien que délégués \ les membres du conseil n'avaient, de l'autre bord de la Saône, qu'à regarder sur Fourvières la colonie de Lyon, pour retrouver l'image même de l{ome^ pour recevoir l'impression nette et profonde de ce
1. Eusébe, Y, 1, 47 : Tr,; ivOâoî Tïavr,-;jpï(j); • ëtt'.v Çk avTr, 7to).*jivOp(o-oc Èx
2. D'après les analogies qui se montrent, dans TAntiquité, pour toutes les fôtes fédérales de ce genre; cf. Denys, lY, 49; etc.