‹ Histoire de la Gaule (volume 5)Chapitre 60 sur 792 · ML'NATIUS PLANCUS, PROCONSUL EX GAULE · texte numérisé non relu

ML'NATIUS PLANCUS, PROCONSUL EX GAULE

outre cinq légions, avait auprès de lui la cavalerie celtique et

aux Quaire-Chemins ou dcrriure la clinpello Snint-Marlin. Antoine arrive luimême au pont et à ce camp. — Le 29 mai, il s'unit à Lépide (X, 23, 2).

Alors, de son côto, Décimus Brulus. d'Ivrée, rcmonlc la vnl'ée de la Doire, franchit les Alpes par le Petit Saint-Bernard (Strabon, lY, 0, 7 : si ce texte s'applique à ce moment), et, par la rive nord de l'Isère, cherche à rejoindre Plancus, ce qu'il fera à Grenoble, vers le 8 juin {Ad /., X, 23, 3 et 7).

C'est maintenant entre Grenoble et Vidauban (jue les événements vont se dérouler, et circuler courriers {Ad /., X, 21, 1) et armées. Ce qui prouve l'existence, dès ce temps-là, d'une route directe entre ces deux points, une route subalpine par le col de la Croix-IIaule, Montsaléon, Sisteron, Riez et, je crois, Aups [Anteis, Anteœ, de la Table de Peulinger?". Remarquez que Plancus déclare qu'il n'y a, entre les deux points, que huit jours de marche {Ad fam.. X, 18. 4; cf. 23, 3) : la distance à vol d'oiseau est de 200 kil., soit, probablement, environ 20 milles de marche par jour: donc la roule était bonne cl sùrc. Cette route traversait le pays des Voconces, dit Plancus {Ad /., X, 23, 2) : soit qu'il fasse allusion au col de la Croix-Haute, qui est dans leur arrière-pays, soit, plutôt, qu'il entende par Voconces également les gens du Gapengais et de Sisteron (cf. t. 11, p. 517, n. 2). — Plancus part de Cularo, Crcnoble, construit un pont sur le Drac (c'est VIsara de X, 15, 3), passe celte rivière (à Pont-de-Ciaix?) le 12 mai (l'rf.), campe sur l'autre rive (à Claix?); le 14 mai ^?\ il fait partir ses cavaliers (id.); le 21 mai, il part lui-même (X, 18. 4; 21, 2). .Maii .\utoine et Lopide viennent de se réunir le 29 mai à Vidauban, et marchent contre lui (23. 2). Lorsciue Plancus apprend leur arrivée, il se trouve campé à 40 milles de Vidauban, derrière une rivière, près des Voconces (23, 2) : on peut supposer à Riez, derrière le Colostre (on a aussi pensé à la Durance. au Verdon). Ses adversaires campent ù 20 milles de là (23, 2) : on peut supposer à .\ups. — Alors, Plancus retourne sur ses pas, repasse le Drac {Isara), coupe le pont le 4 juin (X, 23, 2), et revient à Grenoble (23, 7), où Brulus le rejoint. — Il y a ensuite, entre les deux armées, toujours sur la route de Grenoble à Vidauban, une série d'escarmouches (XI, 13, 4) et de négociations.

Tout finit par le triomphe diplomatique d'Antoine. En juillet, l'armée d'Espagne Ultérieure, commandée par Asinius Poliion, vint le rejoindre (T.-L., £"/)., 120), sans doute par la via Domitia et la via Aurélia. Plancus fit la poix avec Antoine et Lépide (Appien, III, 97, 399; T.-L., £"/)... 120). Décimus Brulus, laissé seul, revint en Italie pour combattre Octave, brouillé avec le sénat vDion, XLVI, 53, 2), et revinrent aussi Lépide, Plancus, .\ntoine et Poliion, pour négocier avec Octave (Dion, XLVI, 54, 1; Plut., Ant., 18, etc.*. Mais sur ces derniers points, il manque des données d'itinéraires. — Cela ht, en tout cas, d'énormes passages de troupes dans le Midi de la Gaule.

Le seul itinéraire qui reste à examiner est celui de la fuite de Brulus, célèbre dans l'histoire du temps. Je suppose ceci, sous réserves. — De Grenoble, il repasse les Alpes par le Petit Saint-Bernard (peul-èlre ici Strabon, IV, G, 7). .\rrèlé par les hommes d'Octave vers Aosle, il repasse encore les Alpes, mais par le Grand Saint-Bernard, pour gagner la Franche-Comté et le Rhin, et de là, par la Relie et le Tyrol, Aquilée (par l'Arlberg et la roule des Cimbres'? celle à hniuelle aurait pensé Pompée en 49 pour aller d'IUyrie en Espagne"? cf. t. III, p. 88-89; Cicéron, Ad Alt., .\, 9, 1). Pendant ce voyage, il finit par ne lui rester que 300 cavaliers celtes, et bienlôt plus ([ue 10. 11 doit se trouver entre Besancon et le Rhin. .Vlors, il songe à revenir en Italie directement, par la route qu'il vient de quitter, déguisé cette fois en Gaulois. .Mais il est pris el tué par un chef séquane, o-vo(ï:r,ç, nobilis vir {Camilos ou Camillos, Appien, III, 97-8; Capenus, T.-L., Ep., 120; Dion, XLVI, 53, 2-3; Orose, VI, 18, 7; Camclus, Velléius, II, 04, I; Valére-Maxime, IV,

o2 LES ROMAINS A LYON; AUGUSTE ET AGRIPPA.

quantité d'auxiliaires de toute sorte ' : son armée ressemblait à celle que César avait menée à la conquête du monde-.

Mais il n'eut pas le courage de s'en servir pour combattre. Nul ne put lui reprocher d'avoir ajouté une bataille civile à celles qui ensanglantaient alors l'Empire. Quand il vit qu'Antoine, Octave et Lépide allaient se réconcilier, il jugea la partie perdue pour le sénat, et il remit aux nouveaux maîtres du monde son armée et sa province (octobre) ^ — Une seconde fois depuis la conquête % en moins de dix ans, la fidélité de la Gaule avait contribué à rétablir l'unité de l'Empire romaine

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