Agric, 10 et
3. Suétone, Dom., 6; Dion. LXYU, 3. 5:4, 1; Frontiu. Strat.. I. I. 8; 3. 10: II, 3, 23; II, 11, 7 [lire Usipioruin ou Catlorum]: etc. D'ailleurs, il n'annexa pas la Hesse. et dut se borner à réunir à l'Empire les Mattiaques de Wiesbaden (Tac G., 29: cf. t. III, p. 47. n. 6), et sans doute les Usipii de la Wisper (p. 204, n. 2). Un traité conclu avec les Chattes les rejeta au nord du Taunus (Frontin. I. 3. 10), et permit l'installation d'un mur ou limes au nord du Mein. — Le mur d'Empire qui nous a été conservé, et d'ailleurs de construction postérieure à Domitien (cf. p. 470), partait de la rive droite du Rhin au sud de Hœnningen, face au cours d'eau du Vinxtbach [fines], qui marquait la frontière entre les deu.x Germanies. De là. par Ems. Heftrich. Saalburg. Arnsburg. il rejoignait le Mein à Gross-Krotzcnburg. 11 y eut, en outre, une série de castetla en arrière de la rive nord du Mein. depuis Wiesbaden et Castel (en face de Mayence) jusqu'à Gross-Krotzenburg; et d'autres encore le long de la Nidda vers Friedberg et la Hesse (cf. p. 110, n. 2). Voyez les n°' 1-31 de la grande publication Der Obergcrmanisch- Rœtische Limes "commencée en 1894]; et le résumé. C. /. L., XIII. II. p. 406-456. 468-480. 496-503. — Il est probable que c'est à ce tracé que correspondent les 120 milles indiqués par Frontin (I, 3. 10) comme nouvelle frontière de l'Empire.
4. Cf. t. m, p. 47, n. 5 et 6; t. IV. p. 110, p. 112, n. I, p. 130. n. 2, p. 165, n. 1.
5. Je le suppose pour les motifs suivants : il ne s'est jamais formé là de grandes peuplades, dans le genre des Chattes; l'Empire, depuis Auguste, ne parait avoir éprouvé aucun ennui sur celte frontière (p. 133): Domitien ne rencontra là aucune résistance, comme si le pays était à demi désert (cf. r, tojv 'E>,o-jr,Tiiov "Epr,ao; de Ptolomée, II, 11, 6); et ce qui prouve bien que c'était la réalité, c'est qu'on l'appela Agri Dccum'dei, « champs qui payent la dîme? », autrement dit terres acquises à l'Etat, rju'on le traita de dubiœ posscssionis solum (Tac, G., 29), et qu'on l'ouvrit au.x immigrants (p. 4G4, n. I). Cf. Ivoepp, 2' éd., p. 05-6.
6. Aucun texte sur ces guerres, si même il y a eu guerre (cf. n. 5).
OCCUPATION' DE LA SdL'ABE. 463
le Meiii jusqu'à Miltenberg, et, vers Ratisbonne. rejoignirent le Danube et la bordure des provinces d'Illyrie '.
Domitien n'alla pas plus loin. Il se borna à annexer les terres germaniques qui s'étendaient entre l'Alsace et la Bavière : la frontière fut marquée et défendue par une lisne ininterrompue de redoutes et de murailles, qui partait du Rhin en aval de Coblentz, et qui finissait au Danube en amont de Ratisbonne-.
Si limitée qu'elle fût, la nouvelle conquête offrit à la Gaule de sérieux avantages. Elle protégeait sa frontière là où elle était le plus vulnérable. L'angle rentrant de Souabe. qui s'en va menacer la trouée de Belfort ', est maintenant possession latine, et, sur toute la ligne de front, de Coblentz à Ratisbonne, une formidable demi-lune ferme l'entrée de la Gaule et de l'Empire.
Cette Germanie romaine d'outre-Rliin faisait revivre une chose très ancienne. Elle n'était autre que l'ancien domaine des Helvètes, jadis conquis par Arioviste". Vespasien et Domitien, en le rattachant à l'Empire, l'ont restitué à l'Occident gaulois. Aux Suèves qui v demeurèrent ', se joignirent nombre de Gau-
1. A l'occasion de celte conquête, la XX!*" Rapax fut appelée de la Germanie Inférieure (p. 458, n. 4) à Mayence, où elle resta d'ailleurs après la guerre, remplai;ant alors la V Adjutrix, envoyée vers 8G sur le Danube. — La XXI'fut remplacée à Bonn par la l'" Minervia. — Cf. Ritterling-, De leij. X, p. 72-76: Gsell, p. 179 et 185.
2. Tacite, Germ., 29 : Limite acto proinotisque prœsidiis. — Nous avons vu (p. 402, n. 3) la ligne de défense au nord du Mein jusqu'à Gross-Krotzenburg. Au delà vers le sud, le Mein, garni de castella sur sa rive gauche ou méridionale, forme limite depuis Gross-Krotzenburg jusqu'après Miltenberg, soit jusqu'à son dernier coude méridional. De là partaient deu.x lignes de défense. L'une {limes interior), de Wœrth sur le .Mein à Wimpfen sur le Neckar et au delà, le long du Neckar, jus([u"à Rottweil. L'autre, à l'extérieur de celle-ci (limes exlerior), de Biirgstndt sur le Mein à Welzlieim droit vers le sud, de là, presque droit vers l'est, à Hienlieim en amont de Ratisbonne sur le Danube. Limes, n"' 32 et s.; C. /. L., Xlll, 11, p. 237 et s., p. 261 et s. Ni l'une ni l'autre de ces deux lignes, dans les détails essentiels de leurs ruines actuelles, n'appartiennent sans doute à Domitien (cf. p. 470, n. 4) : mais je crois bien qu'il faut lui attribuer le tracé de la froiUière marqué i)ar le limes exlerior, sans quoi Tacite n'eût pas écrit trans Rhenum Danuviumque (Germ.. 29).