Cf. Tillernont, Trajan, art
me font croire quil v eut. à ses entreprises guerrières, d'autres causes que l'excès de son ambition. Peut-être estima-t-il, comme tant d'hommes d'État depuis César, que la simple défensive était un mal pour l'Empire, qu'elle invitait ses voisins à l'insolence et ses légions à l'indolence, que, dans ce vaste corps de l'État romain, il fallait mettre de l'action, des espérances, des dangers, sous peine de le voir tomber dans une inertie délétère. Les dieux, depuis bientôt un millénaire, avaient porté Rome sans cesse en avant, et ne lui avaient permis de s'arrêter que le temps de refaire ses forces : elle devait revenir, après le siècle de paix que lui avait imposé la vieillesse d'Auguste, à ce qui était sa mission sur la terrée
Les deux grandes guerres de Trajan furent contre les Daces et contre les Parthes-. Celle-ci demeura inachevée: celle-là aboutit aux résultats désirés. L'empire des Daces, qui avait failli compromettre celui de Rome^ disparut pour toujours; et les provinces romaines du Centre, franchissant le Danube, vinrent s'adosser à la solide barrière des monts Carpathes.
C'était un des rêves de César qui se réalisait % cent cinquante ans après la mort du dictateur. L'histoire romaine continuait sa montée triomphale vers des destins toujours plus beaux. Ce qui avait été jadis le songe d'un vieillard ambitieux, devint l'acte définitif d'un sage politique. Et si Trajan a voulu, ce que je crois, inculquer aux hommes l'admiration inébranlable de la chose romaine, rien n'y était plus propre que la fin du grand empire de Burbista.
Il ne restait plus de Barbares en Europe, en deçà de la Vistule, que sur la terre germanique, celle où s'était jadis agitée l'ambition d'Arioviste le Suève, le rival de Burbista ^ De ce côté,