TRACES DE TRADITIONS CELTIQUES
du mille. Mais les indigènes, du moins ceux des provinces chevelues, persistaient à parler de lieues dans l'usage courant, et il est probable que l'emploi simultané de ces deux systèmes était souvent la cause de fâcheuses erreurs. Afin de les éviter, Septime Sévère renonça au mille et le fit remplacer par la lieue sur les bornes des chemins des Trois Gaules*. Au bon ordre dans l'administration il subordonnait les systèmes et les principes, et il savait accepter les leçons de l'expérience.
Du moment que les Gaulois, depuis plus de deux siècles, ont montré une invincible fidélité à l'Empire, à quoi bon les gêner dans leurs habitudes, leur chercher des (|uerelles de détail? C'est pour cela que l'emploi juridique de la langue celtique, que la personnalité civile de dieux indigènes, sont formellement acceptés, en ce temps, par les jurisconsultes du conseil impérial".
Cette langue celtique s'entend de nouveau dans les camps \ A la faveur de la vogue des cultes solaires, le dieu gaulois Bélénus redevient populaire \ Il v a plus, le nom de druides ou de druidesses reparaît, et, bien qu'il en soit venu, par dégradations successives, à désigner les plus misérables diseurs de bonne aventure % ce n'en est pas moins une chose étrange, (]u'il ait alors essayé de revivre. Après tout, sous ces empereurs à demi puniques, jirêtres et dieux des nations vaincues pouvaient espérer un dernier regain de leur antique gloire.
Mais aucun de ces faits n'était un symptôme grave. Ils se produisaient au lendemain de cette guerre d'Albinus où la Gaule avait précisément montré son profond oubli des pensées nationales''. Ce n'étaient que phénomènes de surface : ils avaient