‹ Histoire de la Gaule (volume 5)Chapitre 72 sur 792 · Je songe au.\ .Vlpes de Cotlius (p. 02, n · texte numérisé non relu

Je songe au.\ .Vlpes de Cotlius (p. 02, n

8. Le titre de prœfeclns fut porté au début par les gouverneurs de ces provinces (p. 61, n. 0; Strabon, IV, 0,4: G./. L.. I.\, 3U44; Y. 1838; XII, 80: ici, p. 223). et il avait un caractère militaire (Ilirschfeld, Die kaiserl. Verwjitungsb., 2" éd., p. 382-4). — Mention de ces garnisons : Suét., Tih., 37. 3 (.\lpes Cottiennes : cohors Alpinorum'!); Tac. //., II, 14. et G. /, /... Y, p. 903 (Alpes .Maritimes : cohors I Ligurum,

irarnison. Les Alpes Maritimes autour du col de Tende ', les Alpes Grées en Tarentaise, le long de la route qui descendait (lu Petit Saint-Bernard-, les Alpes Pennines dans le Valais, le long de celle ({ui venait du (irand Saint-Bernard \ constituèrent

coliors I Liyuriim et Hispanoriim, la même; coliors Naulariim) : c'étaient des cohortes formées surtout d'indigènes. Cf. p. I9fl, n. 9, p. 289, n. 1.

I. Alpes Maritiinœ. Strabon, IV, 6, 4; Dion, LIV. 2i, 3. — Les peuples de cette province étaient surtout ceux (lue l'on appelait les Ligures capillati (surtout les voisins de la mer: Dion, LIV, 24, 3; C. /. L., XII, 80; Pline, III. 47 et 135) et monlnni (Pline, 111, 13-3). — Les Alpes Maritimes ont été formées des trois groupes suivants de tribus (ijentcs: cf. t. II. p. 13-8. 439-461). — I. Tribus vaincues sous Auguste et mentionnées sur le Trophée (Pline. III, 137: t. II. p. 'iGO. n. 6 et 11) : 1" Briijiain (Orianconnet?, civilas Drig..., C. I. L., XII. p. S), dans la future cité de Glandève?, civitas Glannatica; 2° Sogionti {civitas Sogionliorum, C. I. L.. XII, 1871). peut-être dans la future cité de Senez, civitas Sanisiensium; 3" Brodionti (peutêtre les Bodiontici de plus bas); 4" Neinaloni; 5" Gallitx; 6° Triullati; 1° Vergunni, dans la future cité de Gaslellane?; 8° Egaituri^Q" Nematuri; 10° Oratelli; II" Nerusî, réunis à la cité de Vence? (Ptol.. 111. 1, 37); 12" Velauni: 13° Suelri, dans la cité de Gaslellane?, civitas Saliniensiiun iPlol.. III. 1, 38; cf. Pline. III, 33, Suebri). — IL Tribus du littoral, depuis longtemps soumises (t. I. p. 320) : 14° Deciates, dans la cité d'Antibes? (Ptol.. II, 10, 3); 13° Uxybii, dans la cité de Vence?; 10° Vedianiii, dans la cité de Cimiez (Pline. 111. 47: Ptol., III, 1, 39). — III. Tribus voisines de la Durance : 17° Avantici (?. cf. t. Il, p. 460, n. 7; Pline, 111. 37), vallée de Barcelonnt-tte?: 18° Bodiontici. tribu de Digne (Pline. III, 37; cf. plus haut); 19" Sentit (dans le pays de Digne d'après Ptol., II. 10. 8. mais peut-être les Sogionti de plus haut). — IV. On peut ajouter quatre tribus des hautes vallées des .\lpes Maritimes, mentionnées sur le Trophée, (]ui paraissent avoir été données à Coltius (Edenales, Ecdini. Veamini. Vesubiani (p. 62, n. 5). Dans le même cas, les tribus de la vallée de Barcelonnette (p. 62, n. 5). — Ces tribus (au moins celles du versant gaulois) ont été groupées, peut-être en partie depuis Auguste, pour former 8 cités (Nol. GalL, 17). qui ont fini par prendre les noms de leurs chefs-lieux : cités de Vence. Cimiez, Briançonnet (Glandève), Digne, Gaslellane, Senez, Antibes [celle-ci, semblc-t-il. placée dès le début en dehors de la province des Alpes], et rénigmalique civitas Bigomagensium (Barcelonnette?, Longnon, Mélanges Renier, 1887. p. 397-404; plulùt que Chorges?, p. 62, n. 5). — Pour ces tribus, cL aussi les livres cités p, 02. n. 5.

2. Alpes Graiœ. Strabon, IV. 6. 7. Elles ne paraissent avoir jamais renfermé qu'une seule cité, les Ceutrones (C. I. L.. XII, p. 16), à laquelle on peut peut-être incorporer \cii Acilavones du Trophée (Pline. 111, 137). — Puisque ces Geulrons de la Tarentaise ne sont pas mentionnés dans le Trophée, on doit croire ([ue, comme les gens des Alpes Colticnnes (p. 59, n. 4), ils restèrent soumis depuis César (t. III. p. 202). — Contrairement à l'opinion courante, je distinguerais les Alpes Graindes Alpes Atrecticnx ou Atractianse (cL C. /. L.. V, p. 757; JX. 5337. 3439), (jne je placerais dans les Alpes centrales, pays de Coire ou. plutôt, vallées de la Toce et du Tessin : la jonction, en une seule province, de ces dernières vallées avec le Valais ou les Alpes Pennines (IX, 5439; cf. p. 538) s'explique par leur union géograiihique à l'aide du Simplon. Chez Ptolémée (111. 1,34). il faut lire « Alrecliennes •> au lieu de « Cottiennes ».

3. Les Alpes Pennines n'ont jamais compris que les quatre tribus du Valais, dont trois déjà combattues par César (t. III. ]>. 284-7: t. IL p. 403. n. 2). Leur

ainsi de petits districts militaires, intermédiaires entre la Gaule et l'Italie, destinés surtout à assurer la police sur les «grandes voies qui menaient de l'une à l'autre'.

Une seule région alpestre ne devint point encore terre d'Empire- : celle des Alpes Cottiennes, formée par les trois routes qui convergent à Suse, route italienne de la Doire Ripaire, routes gauloises du Genèvre et du Ccnis. C'était assurément la région la plus passagère de toutes les Alpes, la plus utile à l'Etat romain ^ Mais il s'était créé, autour de Suse pour capitale, un petit royaume de montagnes, qui ne demandait plus qu'à vivre de la vie latine*. Ses princes. Donnus" et ses fils et petits-lils les deux Coltius'', imitaient en Occident le

menlion sur le Tropdéc (Pline. 111. VM), Lberi, .\anluates, Seduni, Varagri. indi(iue f|u"AugusLc dut les combattre à nouveau. Civitates IIII vallis Pœnime. inscription de 23 ap. J.-C. C. I. L.. XII. 147. Les gens de la vallée semblent bien s'être déjà appelés tous VaHenscs (cf. p. 138, note).

1. L'étendue de ces districts varia du reste suivant les circonstances, routes à réparer ou brigandages à réprimer. — D'ordinaire, et je crois dès le début, les Alpes Grées et Pennines formèrent une seule province, la communication entre le Valais et la Tarentaise étant assurée par le col de Balmc et le col du Bonbomme (G. /. jL., XII, 113). — Cette réunion parait être attestée, peut-être sous .\uguste ou plus tard, par Pline {geminœ Alpiuin fores, III, 123; cf. finitimi, 111, 135), en tout cas sous Claude, par Sénèque (Ad Lucilium, IV, 2, 9). Mais, sous Auguste et ses premiers successeurs, leValais fut aussi réuni à la Rétie (cf. p. 223) : ce qui s'explique par la route de la Furka et de rOber-.\Ip. Le Valais fut de même, plus tard, réuni un instant aux .\lpes centrales (p. 00. n. 2), sans qu'on sache ce que devinrent alors les Alpes Grées. — Après la transformation en province des Alpes Cottiennes (p. 170, n. 1), on créa pendant quelque temps une préfecture avec le Queyras, la vallée de Barcelonnette, le pays de Briangonnet (C. /. L., XII, 80). sans doute le long d'une grande route par les cols d'izoard, de Vars et de La CayoUe. — Sous Galba, les tribus des Alpes Maritimes voisines de la Durance, Digne et peut-être Senez (cf. p. 00, n. 1, n°' 17 et 18, et peut-être 10; Pline, m, 37), furent réunies à la Narbonnaise. — Je crois de plus en plus que tous ces districts alpestres ont fort varié d'étendue et de groupement, et que leur raison déterminante a toujours été la construction, l'entretien et la protection militaire d'une grande route : d'où la forme très étroite et très allongée qu'ont prise d'ordinaire les provinces de ce genre.

2. En admettant que, sur l'arc de Suse (C. /. L.. V. 7231), en l'an 8 av. J.-C. le titre de prœftclas. que porto le fils du roi Donnus. soit, non pas un titre de fonctionnaire romain (cf. p. 59. n. 8), mais la traduction latine d'un titre indigène, et n'exclue pas sa ([ualité de roi (n. C).

4. Pline, III, 135 et 138: Ammien, XV, 10, 2 et 7. — C'est le groupement de tribus précurseur de cet Ktat, (jue soumit, en 58, Jules César (t. III, p. 202).

5. Mort avant 8 av. J.-C. (C. /. L., V. 7231 ; Str., IV, 6, G; Ovide. Pont., IV, 7, 29). G. C. /. /.,, ^', 7231. L'inscription de l'arc l'appelle pra'/ec/us ceivilatium (cf. n. 2.

grand roi Hérode de Judée, glorieux ami d'Auguste, (^ottius l'Ancien se fit dans les Alpes le pionnier de l'Empire, fier de son nom de Jules et de son titre de cito3'en romain, construisant à grands frais la route du Genèvre', surveillant la police des passages difficiles -, bâtissant à Suse de beaux édifices, et même un arc somptueux orné de bas-reliefs et d'inscriptions latines', excellent homme d'ailleurs, aimé de ses sujets, qui durent s'enrichir par ses relations avec Rome, et qui firent plus tard de son mausolée leur temple le plus populaire \ Auguste et Agrippa laissèrent à ces petits rois leurs dignités, leurs domaines, ■ leurs tribus et leur cour agreste '. Ni l'un ni l'autre n'étaient ■ opposés aux formules légèrement mensongères qui mena- " geaient les traditions sans nuire aux réalités.

Quand la paix eut été rendue aux Alpes (7-6 av. J.-C), Auguste éleva sur le rocher de La Turbie, en vue de la haute mer, à l'endroit oîi finit la grande chaîne, un énorme monu-

p. 50, n. 8). Mais je crois que Cottius rAncien était roi au moins sur les tribus de Suse et abords : sans quoi l'on n'eût pas dit couramment regnum Cottii (Suét., Tit., 37, 3; Néron, 18; Vitruve, VIII, 3. 17), rex et régulas Cotiiiis (Ammien. XY, 10. 2 et 7), r, KoTTiOJ yr, (Strabon, V, 1, Il : IV, 6, 0), et l'arc ne montrerait pas Coltius et Auguste assis à la même table (Espérandieu, I, p. 16-17). De même, Mommsen. Rœin. G., V, p. 16. — Lorsque Dion nous dit, à la date de 44 ap. J.-C. (LX, 24, 4), qu'à la mort de Cottius l'Ancien l'empereur Claude accrût le pouvoir de son fils. Cottius II, en le nommant roi, cela peut être roi sur toutes les cités.

1. Et sans doute également celle du Ccnis. vias compendiarias (Ammien, XV, 10. 2 et 7). CI', t. I. p. 47.

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