‹ Histoire de la Gaule (volume 5)Chapitre 752 sur 792 · MAINTIEN UE L'UNITÉ ROMAINE · texte numérisé non relu

MAINTIEN UE L'UNITÉ ROMAINE

La seule chose qui distingue un peu Postume des autres empereurs, c'est son culte pour Hercule, dont il multiplia les figures sur les pièces de monnaie '. Mais cet Hercule est le héros classique, et si Postume a fait de lui son dieu favori, c'est que dans ce siècle de luttes indéfinies contre les Barbares, un empereur devait prendre pour modèle le vainqueur de l'Hydre et de Gér3^on-.

Je doute que personne en (ïaule. à ce moment, ait cru à une ère nouvelle, à la fin de l'ancien Empire. Les Gaulois, et Postume le premier, ne pensaient pas qu'ils fussent détachés de lui. Ils continuaient à admirer son unité et sa grandeur. Les monnaies du temps, avec leurs devises de « Rome Eternelle », d' « Espoir Public ». témoignent de la même confiance en son éternité '. Il est probable que les « clarissimes » de la Gaule se considéraient toujours comme membres du sénat". Postume était séparé de Gallien, et non pas de Rome. Son empire ne fut pas un retour au passé, mais l'essai d'une forme nouvelle à donner à l'Etat impérial : au lieu d'un seul maître ou au lieu de deux princes commandant conjointement à l'Etat % on partagerait le monde entre plusieurs souverains égaux, chacun faisant son devoir dans la part qui lui serait assignée, tous

1. De Witte, p. 22 et s. (légendes Hcrculi Arcadio, Argivo, etc.). Les seuls Hercules indigènes mentionnés sont (n"' 73-90) Hercules Deusonicnsis et (n"* 98-9) Hercules Magusanus : mais Timage figurée est celle du dieu classique. 11 s'agit, je crois, de deux sanctuaires locaux de la Germanie Inférieure, et peut-être du pays des Bataves (C. /. L., XllI. 8771 ; Dessau, n" 2188). Mais il me paraît plus que hardi d'en induire que Poslume voulut fonder «un empire à la manière gormaiii(|ue sur sol gaulois ■■ (von Domaszewski, G. d. r. A'., II, p. 30.'î; Real-Enc, Vlll, 1, 1912, c. 011) : l'ostuine et Arioviste sont le contraire l'un de l'autre.

2. Cf. p. 548. Déjà Comuiode s'était fait passer pour Hercule (//. Aud., Diadum., 7, 3; cf. Kiewald, De inip. ftoinanoniin cuiii cerlis dis, etc.. Halle, 1912, p. 283 et s.); Garacalla fut assimilé à ce dieu {Caracalla, o, 9). Et nous avons cent indices des progrès du culte impérial d'Hercule depuis Hadrien.

3. Romx /Elernœ, de Witte, n"" 264-G; Spes Publica, n" 299; Spei Perpetuie, n"' 297-8.

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