Cf. Eutrope, IX, il; Hisl. Aug., Gatl., 3, 2-5; eSc
4. La seule trace d'institutions séparées est dans le fait, chez Postume, d'avoir refusé de reconnaître les consuls de Rome, soit en se faisant seul consul (cf. C. /. L., XMI, 033; cinq fois : je suppose 25S, 2o0, 200, 260, 267), soit en choisissant deux consuls pour ses États (Censor et Lcpidus, l'un et l'autre ensemble deux fois, peut-être entre 201 et 265; C. I. L., Vil, 287; XIII, 0779); cf. Dessau, Mélanges Doissicr, 1903. j». 105-8. — 11 y a, dans ce régne et les suivants, quantité de mystères, qui ])ourraient s'expliquer si nous connaissions les népocialions de Postume avec le sénat et Valérien : car je crois que, comme d'ailleurs bien d'autres usurpateurs, Postume n'a pas cessé de négocier (Continuateur de Dion, fr. 5). Cf. p. 589, n. 5.
5. rteslitutor Galllarum, de Witte, n"* 256-201 ; Hestitutor Orbis, n"" 202-3; Eulrope, i.\, 9; Orose, VU, 22,10; Triginta tyranni, 3; Zonaras, XII. 24.
0. Zosime, 1, 38. 3-5; Triginta, 3, 2; cf. C. I. L., XI, "820 (cf. p. 572, n. 1). Si la fin de ce siège et cette mort doivent être reculées jusqu'en 259, on peut s'expliquer par là qu'on ait placé bien après 258 l'avènement de Poslume (p. 572, n. 4). — Il est également possible que Postume et le jeune Valérien se soient un instant partagé la frontière, Postume à Mayence et Valérien à Cologne (cf. p. 573, n. 1).
7. Cela me paraît résulter de C. /. L., XII, 2228 (Grenoble), 1352 (Vaisou), 171 (Antibes), 93 (Briancon), 12 (Vence), 57 (Briani;onnet), qui montrent l'attachement des Alpes Cotliennes et Maritimes et de la Narbonnaise alpestre à la famille de Valérien; et cela résulte aussi du fait que Gallien paraît avoir toujours franchi les Alpes sans difficulté. Pourtant, le texte du Continuateur de Dion, fr. 0
GOUVEMNEMEXT DE POSTUME. 579
hasard put lui donner' : les principaux mérites de son rival étaient, senible-t-il, d'ordre militaire-.
Les Barbares l'éprouvèrent. Pas une seule fois, tant qu'ils n'eurent que Postunie devant eux, ils ne réussirent à franchir le Rhin\ Il est même à croire qu'ils s'en tinrent de plus en plus éloignés, et que l'empereur réussit à recouvrer la Souabe, et à remettre en état la ligne des forts qui défendaient les approches de ce pays'.
Postume résidait sans doute près de la frontière, à portée de l'ennemi, à Mayence, Cologne ou Trêves. Ces trois villes gagnaient chaque jour en importances Dans un empire d'allures militaires, elles devaient prendre le premier rang. Trêves, surtout, devenait une vraie capitale de la Gaule '^ : elle offrait sur les deux autres villes l'avantage de ne point toucher à la frontière même, et d'en être cependant toute voisine; de là, on
(Didot, IV. p. 194) et peut-être celui de Zosime (I, 40, 1) semblent indiquer que Postume fut un instant maître des passages des Alpes (entre 260 et 265?).
1. Je suppose une guerre vers 259-260, pour sauver ou venger son (ils : guerre où il assiégea Postume (dans une ville qui n'est point nommée) et fut blessé (Gall., 4, 4; Triyinla tyr., 3, 5; Zonaras, XU, 24). — Je doute fort d'une expédition en 262-3, avant l'alTaire de Byzance {Gall., 7, 1), et j'ai rapporté à la suivante les détails donnés à cette date. — Je suppose une autre guerre en 265, assez importante, avec Auréolus et Claude comme généraux de Gallien, Viclorinus du côté de Postume; Gall., 4, 6; 7, 1 ; 21, 5; Trujinla, 6, 1-2: 11, 3; Zonaras, Xli, 24 (semble intervertir les deux guerres); Zosime, 1, 40, 1; Conlituiatour de Dion, fr. G. Didot, IV, p. 1U4-5 (texte très difficile à placer).
2. Ingenli virtute, Eutrope. IX, 9, et Orose, VII, 22, 10; Trujinla lyranni, 3, 1: 5, i; belli scicntia, .\ur. Victor, 33, 12.
3. Un premier succès sérieux parait avoir eu lieu en 258, avant la rupture avec Valérien, sur une bande revenant de l'intérieur (Zonaras, XII, 24; cf. p. 571). D'autres, entre 260-262, et surtout en 262 (de Witte, n°' 332-3331. Siimmotis omnibus Gennanicis yentibus (Triyinla, 3, G: Gall., 4, 5).
4. Triyinla lyranni, o, 4 {in solo barbarico ne peut guère signifier que le pays transrhénan). — H fut, sans aucun doute, le premier des empereurs à prendre des Francs à sa solde {Gall., 1, i ; Triy. lyr., 6, 2). — hllisloire Auyuslc {Gall., 7, I) ajoute qu'il enrôla Cellica auxilia; ce ne sont pas des Gaulois, mais des Germains (cf. CL, 6, 2), <iue nous retrouverons dans l'armée romaine du iv" siècle (t. VI).
5. Cela résulte du fait que là se passent les principaux événements historiques de cette époque.
6. Tacitus, 18, 5; Triyinla lyr., 31, 3; Polcmii Sylvii laterculus, 1, 49, p. 522, Mommsen. On peut attribuer à ces règnes les |)arlies récentes des remparts et la Porte Noire (Lebner, Wesldeatsche ZcUschrifl, XV, 1896, p. 265-6; ici. p. 273, n. 5).
580 LES EMPEREl'RS GALLO-ROMAINS.
surveillait soldats et Barbares, sans être à la merci des uns ou des autres. On v installa une Monnaie', peut-être les services généraux du nouvel Etat". Lyon voyait croître en elle une rivale autrement redoutable qu'Autun ou Vienne.
A l'intérieur, la vie normale reprenait partout : car on se confiait en Postume, qui était un bon prince, sérieux, ferme et appliqué'. On répara les routes % qui avaient dû fort souffrir des dernières invasions. Les ateliers monétaires frappèrent des pièces de bon aloi'. Peut-être construisit-on quelques amphithéâtres ou autres grands édifices ^ C'était à coup sûr exagérer que de vanter « la joie ». « la gaieté des temps », ainsi que le faisaient les dessinateurs de médailles ^ Mais enfin on goûtait à nouveau « la paix romaine », après de sombres journées d'angoisse.
Aussi Postume fut-il fort populaire dans les pays qu'il gouverna. Les soldats seuls se plaignaient de lui : car, habitués au
1. La Monnaie de Trêves paraît dater de ce temps (Trig. tyr., 3i, 3). Proc] Monetœ Triverice (C. I. L., VI, 1641).