‹ Histoire de la Gaule (volume 5)Chapitre 764 sur 792 · LE DESASTRE D AUTUN · texte numérisé non relu

LE DESASTRE D AUTUN

jacquerie moitié rurale et moitié militaire enveloppa Autun d'une atroce convoitise.

Les assiégeants durent couper les aqueducs pour mettre fin à la résistance ^ Quand la ville succomba, ce fut la catastrophe des grands assauts : les maisons pillées, les édifices détruits, les principaux citoyens égorgés, les autres en fuite. Un demi-siècle plus tard, on se heurtait encore, dans Autun, à de lamentables décombres-. Pour lui, comme pour Lyon% les temps de gloire étaient finis. La Gaule créée par les premiers empereurs s'acheminait à la ruine.

Ne rendons pas Tétricus responsable de ces horreurs. Il n'était le maître ni de ses troupes ni de ses peuples. Les soldats le harcelaient de leurs révoltes et de leurs criminelles exigences \ Il avait l'àme d'un administrateur diligent et non pas d'un coureur d'aventures et d'un harangueur de foules. S'il garda le pouvoir, ce fut sans doute pour empêcher qu'un autre n'en usât plus mal que lui. 31ais ce pouvoir lui devenait chaque jour plus odieux. L'ancien gouverneur de l'Aquitaine n'attendait qu'un motif honorable pour se décharger de son fardeau, rendre l'autorité à un plus digne et la Gaule au peuple romain. Et ce fut le fait le plus intéressant de l'histoire de cet Empire provincial, que le désir de son dernier chef, d'v mettre enfin un terme et de retourner à la vie latine '.

1. Ola peut ùtre tiré de Paiieg., IV [IX], 4 (résides aquas et novos anines).

2. Pancgyrici, IV [IX]. 4; VIII [Y], 4; Ausone, Parentalia, G, S et s. (il s'apit peut-iHre de proscriptions prononcées par les gens d'Autun eux-mêmes).

4. Scelera (excrcitus) ferre non possel, Aureli:inus, 32, 3; seditiones militas, Kulrope. IX, 10; Triginta tyranni, 24, 2; Aurélius Victor, De Cœs., 35, 4.

"). Cf. p. 591-2. — Je crois que, dès son avènement, contemporain de celui de Claude, Tétricus a souhaité ce retour. Hemartjuez : I" que Tétricus cause fort peu d'inquiétude à Claude (Claudius, 4, 4; cf. Z(3iiaras, Xli, 26); 2° l'absence assez fréquente, dans les monnaies de Tétricus, des mentions de consulats, puissances Iribunices, etc. (apparaissent peut-être surtout vers le temps de la mort de Claude, en 270?, de Witte, p. 148-'.). I7U); 3" que VHistoire Auguste s'acharne contre Victoria et non contre lui (CUtiidins, 1. 1:4, 4); 4" l'insistance avec laquelle on l'a ijualifié de sénateur (p. 580. n. 1). — Je le répète : toutes ces singularités s'expliqueraient, si nous connaissions les néiroeiations entre Tétricus, Claude et le sénat (cf. p. 578, n. 4).

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