DES CAUSES DU SALUT DE L EMPIRE
rager'. Si, dans les beaux jours de l'Empire, elle n'ajouta rien à sa gloire, elle aida plus que toute autre à son salut dans le siècle de sa détresse.
Mais ce salut fut aussi l'œuvre de l'aristocratie foncière. Celle-ci établissait, entre les terres et les hommes de l'Empire, un lien plus fort encore que le culte de Rome, que l'autorité du prince, la puissance d'une armée et la constance des provinces illyriennes. Les grands propriétaires de (iaule, sénateurs romains, constituaient, avec ceux du reste du monde, un seul corps de noblesse, dont les membres avaient la même culture, les mêmes traditions, les mêmes ambitions : et cela, chez eux, façon de vivre ou de penser, choses de l'esprit ou de l'àme, leur venait de la tradition romaine. C'était une immense fraternité sociale, maîtresse à la fois du sol provincial et des honneurs publics, et faisant circuler à travers l'Empire le souffle d'une volonté commune-.
Enfin, ce qui rétablit l'Empii e et prolongea sa vie. c'est que les trois siècles vécus par lui avaient changé son unité politique en union morale. Assurément, il restait de profondes divergences entre les provinces, et beaucoup de Gaulois, dans leur langue, leur religion, leurs mœurs, demeuraient fidèles à des habitudes régionales. Mais ces divergences étaient moins fortes que les ressemblances, et le maintien de quelques coutumes n'empêchait pas les Gaulois d'appartenir, corps et âme, à la culture gréco-latine. — C'est cette culture qu'il convient maintenant d'étudier : recherchons comment elle a transformé les hommes et le sol de notre pays.
1. Je le crois d'après son liistoire t>t celle des empereurs qui en sont sortis.