‹ Histoire de la GauleChapitre 180 sur 718 · Cf. p. 121 et p · texte numérisé non relu

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G. Cela résulte pour moi : 1° du caractère domestique ou privé de la plupart des statuettes soit du dieu au maillet soit des dieux accroupis ou cornus, et de quelques-unes de .Mercure (cf. p. 121, n. 3, p. 130, n. 9); 2" de l'identification ultérieure du premier à Sylvain (C. /. /-., XII, 1101 et p. 927; Mowat, p. 21 et suiv.); 3" des épitliètes topiques si souvent données à Mercure.

7. Marlisuo, C. I. L., Xil, 2i)SG, 4221, 4222, 5377 (?); .Mil, liVii.

8. Iteinach, Bronzes, p. 137 et s.; Cultes, I, p. 201-271. Il me parait bien probable que ()nr dégradations successives Tentâtes et S-on maillet ont Uni parjouer le rnle d'epouvanluils rustiques (cf. p. 121, n. 3j.

loO LA llKLItlIitN.

Car ce (|ui pn'u» iiijiait le plus les lioniines, celait J attirer les dieux à eux, de les (foinesticiUtT à leur proiit et pour le bien df Ifur f.miilU' et il»' leurs bestiaux, de leur maison et de leurs terres. Ouarid ils iraj)[di<juaieut pas à leur existence les plus Jurandes divinités ou les Esprits des sources de l'endroit ', les (iaulois recouraient aux myriades de démons protecteurs ijui circulaient et voltigeaient autour des espérances humaines. On sait quelle plèbe de petits dieux ou de menus génies accompagnaient, dans la Home des premiers âges, tous les instants de la vie, depuis Lucine qui assiste à la nai.ssance jusqu'à Libitine qui dirige les funérailles-. Le montb* transalpin n'ignora aucune de ces formes de la divinité \ Il eut les « fées » maîtresses du til de l'existence '. et cclbs qui vfill lient sur ràm»' ou sur le corps *, et celles qui assuraient la durée des familles '. H connut les lares ou plutôt les déesses des carrefours, qui reposaient et réronfortaient le voyageur au croisement des routes"; les sylvaifis et les svlvaines rustiques*, lanttM groupés en triades indiss(dubles'\ tantôt gardiens solitaires d'un jxlil »b»maine", t.inlùl

\. Ex-voto d«' ft-minos rnceiiiles Iniuvrs pn-s ile>oiircr^, Soc. Edumnr. XVII. p. 21.

2. Rosclier, II, I, c. 187 cl s. Cf., «'n »iaulc ou en ftcrmanip, comme divinités de te penre. nidip-iics ou iinporlces de l'Italie : <lea Jnnuaria. .Xlll. .'>(]|9 (le d««dicnnt est un Gauliti*): Viroiactis nom indipi-ne?] sàv I n-mn, Xlll. Iî7i'>l.

:j. Voyez les o.ivrnges til«'s p, \'.\\. n. 12, et In n. prec.

4. Fali ou. h auroup plus souvent, h'ut.r : C. I. l... XII. 1281. ;u»4."»-(>; cf. Ilim, p. 98; d'ordinaire au noml.re de trois. Parât, XII, :US. 045. Il»".i5. :MII ; Xlll. 022.1.

5. C'est, je erois, le rûle des Sulrvir: textes chez llnid-r. II. r. |(;o:t-4. XIII..VIJT Suleis suis <7ui curam crstra{m niiiinl. 3.'»<il ; ete. Malrtbm paUrius ri nnUernis mrisqiir Suivis. Ann. drVInsl , I.SS.'i. p. 271 : Mil. S2I0. Il n'e>l cependant pas iin|>OHsil)le d'en faire des déesses i|i.i prol»' rent sur les roules el dans les voyapes (rf. n. 7, p. I.'»! . n. 4 .

6. Proxum.T, Prnrsum.T. surtout « Mines (XII. p. tt27) : ce peut être une traduction locale des Suteeùr. Au noin'.ire de trois : 3114; de deux (?) : 1737. Il M'inbliqu'il y oit des Moires portant des noms de personnes ou de famill<-<i (Xlll. 7SS2? .

7. lltn.T, Triri.r, fjiiadrii.r ou ijuadriivir. Iliin. p. 87 et suiv. ; lexti-s chez Hotder. «. r ; et aussi Vi-r. SemU.r, C. I. L. Xlll. 8243.

8. Cf. I II m. p. SI. ISI-3. 1.e. Mittrrs dotni^ticr peuvent élre Te.] m valent des s>l vaincs.

9. Je «mire aux dieux IricepIiaJes lleinacli. Itntn.-ei, p. 187-191 1. (|ui, bien nue llpurant peut-*tre en principe <|ueli|uc dieu national (le même «jue Mercure, dit Iteinndi, 1907. c'eslàtlire, selon moi. Teulati'si. ont du certainement servir de dieux de sources (cf. le-» tniis source» de la Sei le el de bien d'aulre» rivieresi ou de dieux domestiques; cf. CnniiUiei. inI. I.aclimaiin, p. 302 : onnis i-ossiUm lirs Syhanos habet.

m. r. l. l. . XII. p. 92T (au mol Sihvnut).

LES DIEUX DE CHACUN. loi

couples de vieux époux, familiers et domestiques '. Il aima surtout ses bonnes « Dames » ^ : car, à la différence des Italiens, les (iaulois confiaient plus volontiers leur vie de chaque jour à des déesses qu'à des dieux, à des féos quà des lutins ; les « Mères » leur paraissaient les jilas propres à une tâche de surveillance intime et de protection caressante. Les unes guérissaient les malades', d'autres escortaient dans les voyages *, et les soldats eux-mêmes avaient les leurs, qui les suivaient sur les champs d'exercices et de combats de leurs lointaines campagnes ^ Elles attendaient l'enfant avant sa naissance, et lui apportaient dès sa première heure langes, maillot, santé et espérances ^ Bon nombre de ces « Mères » ou « Matrones » de la Belgique, aux noms étranges et à la popularité touchante, ne sont autres, je crois, que les fées attitrées de certaines craintes ou de certains désirs", tenant dans leurs mains et sur leurs girons" les fruits de la terre et les illusions de la vie. Et grâce à elles, sœurs vénérables, saintes, augustes et bienfaisantes', l'homme ne se sentait plus seul sur la terre : car les bonnes Dames allaient d'ordinaire par groupe fraternel de trois '", ces Gaulois n'aimant guère à livrer à une seule déesse les principaux épisodes de sa vie.

On a dit qu'il n'existait en Gaule que des formes locales de la divinité, et que le panthéon celtique consistait surtout en dieux locaux, propres à miio cité ou à une famille". En réalité, dieux

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