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LA TRIBU ET SON TEUPJTOIRE. IT

à ses frontières par des obstacles continus, forêts ou marécages, montagnes ou larges eaux'. Tous les membres d'un de ces groupes se reconnaissaient chez eux en deçà de ces limites'. — Puis, fort souvent, chacun de ces territoires coïncidait avec une des petites régions naturelles, un des « pays » de notre France. Dans les contrées de^montagnes, la tribu avait un large vallon pour domaine : la Soûle ^ ou le Labourd* dans les Pyrénées, le Queyras, la Haute ou la Basse Maurienne^ dans les Alpes, appartenaient à autant de tribus, ayant chacune ses champs dans le bas, plus haut ses pâturages, ses remparts sur des collines, et au loin les défilés qui gardaient les issues de sa rivière et de ses routes. Dans les pays de forêts, le territoire apparaissait comme une large clairière autour d'une fontaine, encadrée par la ligne ininterrompue des bois : regardez, du plateau de Senlis, ce double horizon, des cultures le long du ruisseau, des taillis dans le lointain, et vous avez aujourd'hui encore l'impression d'un domaine de tribu gauloise, celui des Silvanectes^ Quelquefois, c'était un étang ou un bassin maritime qui lui donnait son caractère propre : les Boïates ou les gens de Buch en Gascogne étaient groupés tout autour du bassin d'Arcachon, qui faisait le centre et l'unité de leur pays". La péninsule du Mcdoc appartenait aux Médulles^ les Mand'ubiens s'étageaient

1. Voyez par exemple : le Médoc, séparé du territoire des Bituri^cs bordelais par les marais de la jalle de Blanquefort; le Buch, le Senlisois, environnés de forêts presque de toutes parts; et les tribus de montagnes dont nous parlons plus loin.

2. 11 serait en effet possible que quciiiues-unes des localités dont le nom vient de * Icoranda et rappelle une borne ou une frontière (p. 54, n. 2), désip-nnssent des limites de pagi, p. ex. Ingrande dans la comm. de La Réortlie (Vendée), Ygrande près de Bourbon (Allier); cf. Thomas, Ann. du Midi, V, 1893, p. 235; Durand, Rev. arch., 1894, I, p. 377-8. Toutefois la chose n'est point prouvée.

3. Pline, IV, 108 : Sybillatcs; Frédégairc, Vallis Subola, IV, 78, p. ICO, Krusch.

4. Pagus dont Ilasparren a dû être le centre religieux {Corpus, Xlll, 412) et peutêtre économique; cf. p. 10, n. 5.

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