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GROUPEMENT DES TRIBUS EN PEUPLADES

gauloise, partout où elle passa, fit sortir ce monde de son état de dispersion. Elle substitua aux traditions d'isolement politique des usages de groupement public et de fédération permanente. Une ormée d'envahisseurs apporte toujours avec elle des principes d'unité : la vie dans l'alliance, l'union en grandes masses, la discipline de l'obéissance. Les Celtes imposèrent ces habitudes aux terres qu'ils avaient conquises*.

La Gaule provençale nous offre un exemple saisissant de la manière dont se firent ces associations. Tant qu'elle n'appartint qu'aux Ligures, elle était morcelée en une dizaine de tribus ou de territoires'. Arrivent les Celtes (vers 400) : Gaulois et Ligures se confédèrent aussitôt; de la Durance et du Rhône à la mer et aux montagnes, tous acceptent l'autorité d'un seul chef, qui les mène contre Ma^seille^ La guerre finie, l'union ne disparaît pas, et désormais une grande puissance, la peuplade celtoligure des Salyens, superposera son nom, son cadre et ses institutions à ceux des cantons qui l'avaient formée*.

C'étaient les corps de ce genre que les écrivains classiques appelaient les « peuples », les « nations », les « cités » de la Gaule, civilates, popu/i, nationes, gentes, thrr, ^ Une « cité » était en réalité un Etat fédéral, une concorde de tribus voisines, mettant en commun leurs ressources et leurs ambitions, obéissant aux mêmes chefs en temps de guerre, reconnaissant une seule souveraineté en temps de paix^

La cité ou la peuplade comprenait un nombre variable de

1. T. I, p. 251-3; de mùme dans nie de Bretagne, t. I, p. 322-4.

2. Aviénus. 7Û0-1 ; Justin, XLIII, 3, 8 ; cf. Strabon, IV, 6, 3. T. I, p. 180, 203.

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