VOYAGES, VOYAGEURS ET MARCHANDS
coupaient les territoires des peuples les plus considérables, c'est-à-dire celles où il y avait le moins de frontières à traverser. La faveur dont jouissaient les chemins des Cévennes résultait en partie de ce qu'on y rencontrait seulement l'une ou l'autre des deux grandes nations, Arvernes ou Eduens' : la formation des cités gauloises a simplifié singulièrement les relations commerciales d'un bout à l'autre du pays*.
Des lois ou des conventions particulières avaient été faites pour les marchands ; le droit des gens les protégeait contre le.i agressions. On nous dit que sur les routes alpestres, ils allaient sans danger de tribu à tribu, peut-être conduits et remis de lune à l'autre par des convoyeurs indigènes ^ Leur sécurité était au moins aussi grande dans le centre du monde gaulois *. — Je ne parle que des temps de paix.
Nous avons raconté ailleurs ce qu'ont pu faire, sur les routes de la Gaule, les marchands de Marseille ^ Les Gaulois avaient certainement, eux aussi, leurs négociants, patrons ou commis, sédentaires ou voyageurs, individus ou corporations*. Scipion, le premier Africain, a conversé à Marseille, à Port-Vendres ou à Tarragone, avec des indigènes de Narbonne et de Corbilo : c'étaient alors, dit Polybe, les deux « meilleures » villes de la Gaule", c'est-à-dire les plus marchandes; Xarbonne tenait sa prospérité, j'imagine, des arrivages de métaux espagnols et céve-