DES MARCHÉS
particuliers à une tribu, simples marchés de campagne * ; d'autres qui se tenaient à la frontière même de deux cités, destinés aux échanges de leurs produits'; d'autres qui étaient installés au centre même d'une nation, d'ordinaire dans sa capitale ou son oppidum principal, et c'étaient de véritables places de commerce et de transit, d'où l'on devait venir de tous les points de la Gaule \
Semblable en cela à la France du Moyen Age, la Gaule fut peut-être le pays de l'Antiquité qui a le plus créé de ces rendez-vous de foires : elle aimait les larges aires découvertes, propres aux entassements familiers de tentes, de bestiaux, de denrées, d'êtres humains, ces solennelles assises sociales, bruyantes et gaies, où se mêlent les complots, les disputes, les chants, les prières et les nouvelles^, et où du contact de tant d'hommes naît l'agitation de toutes les facultés, et cette ivresse de la vie que recherchait la race gauloise. — Car il faut se représenter ces champs de marchés comme ceux de l'ancienne France ou les lieux des pardons de la Bretagne actuelle : d'un côté, les endroits sacrés, autel ou temple, source ou fontaine, arbres ou bosquet; de l'autre, l'esplanade où Ion se rassemble; plus loin, celle où l'on campe; les réunions d'affaires se tenant à la veille ou au lendemain des jours de fêtes; les prêtres coudoyant les marchands, la foire alternant avec le pèlerinage, les dieux se taillant leurs parts dans les profits des hommes'.
-magus chez Ilolder, II, c. 384-5; un certain nombre, sans aucun doute, date seulement de l'époque romaine. — Il ne serait pas impossible que -bona eût un sens analogue.