DIFFÉRENTES ORIGINES DES VILLES
nation romaine à une grande importance, ont débuté par n'être que des places de marché, Fréjus, Lodève, Feurs, Senlis, Beauvais, Angers, peut-être même Rouen, n'étaient encore, dans les temps dont nous parlons ici, que de simples champs de foire, à demi perdus au milieu des prés ou des fougères K
8" Enfin, un bon nombre de villages destinés à devenir de grandes villes, doivent leur plus lointaine origine à la route même qui les traversait, et aux conditions qu'elle imposait aux voyageurs : auberge ou relai, péage ou contrôle^, pont, gué ou passage, port sur une rivière ou une mer. Autour de ces points du grand chemin, où la circulation est plus intense et l'arrêt nécessaire, la vie humaine s'est concentrée pour un domicile plus prolongé. Un gué a fondé Limoges^; un bac ou un passage, Cavaillon, Chalon*, Beaucaire 'etTarascon®; un pont, Amiens^; un port, Boulogne", Genève et Orléans ^
Tous ces lieux d'habitation commune n'étaient pas également peuplés et prospères. Ils n'ont grandi -que lorsque des éléments nouveaux sont venus s'ajouter à ceux dont ils sont
1. Fréjus, Forum Julii; Lodève, Foronerionenses (C. I. L., XII, p. ")15); Feurs, Forum Scgusiavorum (C. I. L., XIII, p. 221; ïîouen, Ralumarius (id., p. 5!2); Senlis, Auguslomagus (id., p. 543); Beauvais, Cœsaromagus (id., p. 547); Angers, Juliomagut (id., p. 479).