‹ Histoire de la GauleChapitre 361 sur 718 · CHASSE ET CHIENS · texte numérisé non relu

CHASSE ET CHIENS

passe-temps et une science précise et compliquée*. La vie u la Gaston Phœbus avait commencé dans les Gaules ^

La chasse souveraine fut sans contredit celle des bètes rares et monstrueuses, aurochs et élans : mais on ne devait plus guère les rencontrer que dans les Vosges et les Ardennes, et elles reculaient de plus en plus vers les vastes forêts du levant \ Des grands animaux de la Gaule, les plus connus étaient les sangliers* et les ours^ d'un côté, et de l'autre les cerfs*' : ceux-là se chassaient surtout de près, à la lance, à l'épée ou au couteau, et on engageait contre eux de véritables combats' ; les cerfs étaient tirés à coups de flèches ^ — Les Gaulois faisaient même usage de traits empoisonnés : ils prétendaient que les bêtes tuées de cette manière laissaient une chair plus tendre et plus savoureuse, si du moins on se hâtait de détacher la partie atteinte'.

Comme moyen gibier à poil, on citait le renard '\ le chevreuil * ' et le chamois ou daim des Alpes'-, la bête chère aux Allobroges

1. Rien, jusqu'ici, n'a permis de prouver l'existence de la chasse à l'épervier ou au faucon, dont il n'est pas parlé en Occident avant le iv' siècle (Servias ad /En., X, 143; Sidoine, Ep., V, a, 2; Firmicus Malernus, Math., V, 8, p. 139, Pruckner, 1531); cf. Hehn, Kullarpflanzen, 3" éd., 1887, p. 30i et suiv. Je doute cependant qu'elle ne soit pas plus ancienne.

2. Voyez chez Arrien (19-21) les règles des deu.x espèces de chasse au lièvre dans les Gaules.

3. César ne parle .déjà de leur chasse qu'à propos des Germains et de la forêt Hercynienne; VI, 27, 4; 28, 3. Mais il est fait mention de cornes d'élans dans l'héritage d'un Lingon (C. /. L., XUl, 3708, 28), d'élans chez les Celles ^Pausanias, V, 12, i; IX, 21, 3}, d'élans et d'aurochs dans les Vosges et les Ardennes mérovingiennes (cf. t. I, p. 94), d'aurochs sans doute en Frise (Tacite, .-inn., IV, 72). Chez Polybe (XXXI v, 10, 8-9 , la mention de l'élan dans les Alpes parait empruntée à quelque Grec décrivant la forêt Hercynienne. Les mots alce (alcis) et urus sont d'origine septentrionale, et sans doute gauloise. — Cf. Reinach, Alluvions, p. 48 et s.

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