‹ Histoire de la GauleChapitre 385 sur 718 · L HABILLEMENT · texte numérisé non relu

L HABILLEMENT

Il y eut des draps d'assez nombreuses espèces, de laine fine et de laine grossière. Suivant les saisons, on prenait des manteaux légers ou épais, pardessus d'été ou d'hiver'. Les riches avaient leurs habits propres, comme ils avaient leur boisson habituelle. Aucune société antique n'a plus tenu que la société gauloise à montrer par des différences visibles les distinctions de classes et de fortune. Ce qui marquait les rangs, c'était, je crois, moins la forme que la teinte des vêtements. Les esclaves revêtaient une livrée de couleur ^ les prêtres gardaient la tunique et le manteau blancs'.

D'ordinaire les Gaulois de condition, guerriers ou nobles, portaient des habits aux tons voj^ants. Epris des jeux de couleur, ils laissaient aux Romains la monotonie de la toge blanche ou aux Espagnols la tristesse des étoffes noires ^ Le noir était sans doute réservé aux vêtements des jours de deuil \ En temps ordinaire, toutes les couleurs gaies paraissaient sur leur costume, tuniques, manteaux et pantalons mêmes : et c'était, disait-on, un spectacle curieux et magnifique® que de voir l'éclat bigarré de leurs habits, vergetés, marquetés, mouchetés et fleuris de dessins aux mille nuances", parmi lesquelles dominaient les variétés de l'or et de la pourpre*. Et, pour compléter encore le bariolage de leur aspect, les hommes des hautes

1. Diodore, V, 30, 1; cf. Polybe, II, 28, 7 (saies légères); les gros manteaux de laine épaisse s'appelaient lainœ (Strabon, IV, 4, 3), mot qui est passé dans la langue kiline, Tlolder, 1, c. 123-5.

Page 1