‹ Histoire de la GauleChapitre 432 sur 718 · RELATIONS ECONOMIQUES · texte numérisé non relu

RELATIONS ECONOMIQUES

qu'on enfermait dans des cavernes pour accomplir leur tâclie'. Forçats rivés, même après leur mort, à l'établi et à la forge, il semble qu'on les enterrât souvent là où ils avaient vécu, et il n'est pas rare de trouver une sépulture sous le sol de l'enclume; la besogne continuait, rude et bruyante, sur la fosse 011 reposait le cadavre -. La dureté était la loi dans ces ruches humaines, et leurs débris informes révèlent encore l'exploitation du travail de beaucoup pour le profit de quelquesuns.

Mais enfin ces émailleurs et ces forgerons avaient l'avantage d'employer leur pensée en même temps que leurs mains. Ils cherchaient des formes nouvelles; ils maniaient des couleurs brillantes; ils faisaient œuvre intelligente et divine, plus encore que les nobles pour lesquels ils s'épuisaient. Leur besogne n'était point estimée vile. Les prêtres ne dédaignaient pas d'en parler : dans l'activité des dieux, les druides donnaient une part plus grande à la protection du travail qu'à l'exaltation de la guerre. Deux puissances célestes avaient ces ouvriers et ces œuvres sous leur sauvegarde, et c'étaient le dieu national lui-même, Teutatès, inventeur de tous les arts, et la déesse sa compagne, qui comme lui avait créé les métiers humains \ Les Gaulois, ainsi que les Grecs, avaient mis à l'origine de l'industrie humaine la souveraineté dune pensée divine.

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