VI. — n.\RETL: DE MONNAIES HISTORIQUES
L'emblème et le symbole, dans la monnaie gauloise, priment tout. En deliors de sa valeur matérielle, elle signifie des clioses permanentes. Ses figures, du moins à l'origine, ne furent jamais la traduction ou le souvenir de faits précis et de personnages réels. Tandis que le monnayage romain fut si vite envahi par Ihistoire, qu'il se remplit de noms de magistrats, d'initiales de fonctions, d'allusions à des victoires', celui de la Gaule se tint pendant longtemps dans le domaine immuable des images mystiques, révélatrices de pensées consacrées : et en cela, il ressembla davantage à celui de la Grèce, toujours éprise de la forme idéale *.
Il était d'ordinaire anonyme et anépigraphe. Les inscriptions y sont fort rares avant le premier siècle : et même en ce tem]»s- 1;\, c'est par exception tardive qu'un peuple fait graver son nom. Un grand nombre de pièces ont été frappées, je crois, pour le compte de tribus associées : si quelque chose rappelle cette union, c'est le rapprochement, dans un même dessin, des emblèmes propres à chacun des confédérés.
La personnalité des grands eux-mêmes s'est longtemps effacée derrière ces traditions de symbolisme. Entre i.'in et 80, les rois ou les chefs arvernes Luern, Bituit, Celtill, seront les maîtres souverains de la Gaule entière : ils auront une richesse el uno puissance comparables à celle d'un Antiochus ou d'un Ptolémée. Mais aucun d'eux n'a laissé sur les monnaii's de son temps un souvenir déchilTrable, ni ses traits, ni son nom, ni ses initiales, et s'il en est (jui iiitiit été mar«juées à leur sigtie, il S(> dissimule sous quehiue blason qui é( li;ippe entdre à notre connaiss.'ince \