ALPHABETS
et femmes; et, comme ils avaient inscrit le nom de chacun d'eux*, cela faisait un document d'une étendue extraordinaire. Les Gaulois ne reculaient donc pas devant les longueurs et les minuties de l'écriture ".
L'alphabet n'était passé en Etrurie et dans le Latium qu'en subissant de notables changements^. Chez les Gaulois au contraire, il fut introduit tel quel, sans addition ni transformation de caractères. Leur langue ne possédait aucun son qui fût intraduisible dans une notation grecque *; ils ne firent usage d'aucun signe spécialement dessiné pour eux. Plus tard, il est vrai, les Celtes useront d'une lettre qui leur sera propre, ]&, ou D barré, pour rendre un son intermédiaire entre le D et l'S, une sorte d'aspirée dentale analogue au 0 grec ou au th anglais ' ; mais ce sera après l'adoption de l'alphabet latin, qui ne leur offrait aucun signe répondant au son à figurer ^ Car ce dernier, jusqu'au temps de la conquête de Narbonne (vers 121), ne fît pas la moindre concurrence à l'alphabet grec, et il faudra descendre plus bas encore, à l'époque même de César (vers 58), pour trouver dans la Gaule libre les premières traces de lettres romaines \
Ce n'est pas à dire que l'usage des lettres helléniques ait été exclusif. Dans le Midi, les peuples préférèrent parfois celles dont se servaient les populations barbares de leur voisinage, Ibères ou Celtes italiens. Les alphabets suivent les routes que prennent