LART
sins coutumiers : l'oiseau se transformait en palmette, les êtres humains prenaient des contours rigides, les têtes devenaient des triangles sphériques, où la triple ligne des sourcils et du nez apparaît comme deux angles adossés*. Il faudra de nouveaux efforts d'attention et de volonté pour rompre avec cette tvrannie des formes symétriques, pour assouplir la main et la disposer à rendre l'infinie variété des formes Avivantes.
Il faut faire une place à part au buste de guerrier trouvé à Grézan près de jNlmes. Exécuté avec soin et finesse, ferme dans ses contours et dans ses lignes, exact et proportionné, c'est déjà, presque, une œuvre d'art-. — Il est vrai que Nîmes est sur la grande route civilisatrice du Midi. Marseille et le carrefour du Rhône ne sont pas loin. Et les peuples du Languedoc ont aussi suivi l'exemple de l'Espagne, où les notions d'art ont pénétré beaucoup plus tôt que dans les Gaules, et qui venait de produire le buste de la « dame d'Elche » ^
Le problème de l'influence grecque ou étrusque se pose également à propos de toutes ces images.
Il paraît probable, cette fois, qu'elle n'est pas étrangère à la naissance et aux progrès de l'art figuré. Ce buste de Grézan est d'une facture trop précise pour ne pas laisser supposer une main étrangère. Les représentations d'êtres vivants seront d'autant plus fréquentes qu'on se rapproche davantage de la Méditerranée. Et les plus grands dieux de la Gaule prendront. pour modèles de leurs images celles des divinités méridionales*.
Mais, si la Grèce suggérait cette forme de l'art, elle était destinée maintenant à reproduire des êtres et des pensées indigènes; et si c'étaient des artistes étrangers qui sculptaient pour le