VIII. — L'ENFANT
La vie de l'enfant était tenue secrète et intime tant qu'il n'avait point l'âge de faire la guerre. Jusque-là, il devait rester à l'écart de son père, toutes les fois que celui-ci paraissait en [lublic, c'est-à-dire sortait en armes. C'était, pensait-on, une ciiose « honteuse » que le fils se montrât aux côtés de son père sans être armé comme lui\ Près d'un Gaulois en costume de guerre, il ne fallait qu'un soldat semblable à lui : toute expression des relations purement familiales devait disparaître de la vie publique.
Ce n'est pas à dire que l'abord de ses enfants fût interdit au Celte dans la vie privée : il les retrouvait sous son toit, et le combattant le plus farouche avouait que c'était une douleur pour lui d'être éloigné de leur vue *.
Aussi la politique avait-elle spéculé sur le sentiment paternel comme sur les liens conjugaux. Dans les cas de ligues, de conjurations ou de traités, lorsque les peuples ou les nobles se donnaient des otages, ceux-ci étaient choisis d'ordinaire parmi les fils des contractants ^ La présence des enfants garantissait la fidélité des pères ' : ces groupes d'otages étaient la représentation permanente des familles associées.
1. Diodoro, V, 32, 7 : T-vaixa; eCtiJei;: x»>/iy:a;, Atliénéc, XHI, 70, p 003.