ASPECT ET FACULTES PHYSIQUES
une coutume de Barbares, ils plaçaient sur le froi t de leurs armées les statures les plus hautes '. C'étaient sans doute des corps magnifiques que ces cavaliers gaulois qui, durant les guerres civiles, entouraient César et Labiénus, et les vainqueurs ne pouvaient s'empêcher d'admirer leurs vastes cadavres étendus sur le champ de bataille : mais après tout, ils ont pu être choisis entre dix mille, et il y avait des Germains parmi eux-. Comme tous les peuples épris de guerre, les Celtes et les Belges ont aimé les beaux hommes : Vercingétorix dut une partie de son prestige à sa haute taille et à sa superbe prestance'; des peuples se faisaient gloire de s'appeler « les Grands », Cavai'i*; on donnait volontiers ce nom aux enfants'. 31ais cela même prouve que le mot de grandeur, appliqué par les Anciens aux Gaulois, n'avait qu'un sens relatif ^ et ne visait que l'élite des soldats ou une partie des habitants. Au reste, on reconnaissait que les Belges, au nord de la Marne, étaient plus grands que les Celtes^; on savait que les Germains, au delà du Rhin, étaient plus grands que les uns et les autres'. On ne peut prouver, je l'avoue, que les populations de nos pays ressemblaient alors à ce qu'elles sont maintenant : mais de toutes les assertions qui peuvent être émises à leur endroit, c'est de beaucoup la plus raisonnable.
Les historiens des invasions celtiques ont répété que le Gaulois manquait d'endurance physique, et ils ont, de celle faiblesse, donné d'assez bonnes preuves'. Mais le récit des