‹ Histoire de la GauleChapitre 559 sur 718 · BONTÉ ET JUSTICE · texte numérisé non relu

BONTÉ ET JUSTICE

On se plaignait de leurs accès de colère * ; mais la colère ressemble parfois à une vertueuse folie ; et si les Gaulois étaient toujours prêts à s'indigner, c'est qu'ils avaient un sentiment très vif du droit et du juste. Les étrangers rendaient hommage à leur passion pour l'équité -. Une de leurs nations, les Yolques Tectosages de la Bavière, s'était fait un singulier renom de justice et de modération ^ Ils sont scrupuleux observateurs du droit des gens, et si l'hospitalité est chez eux parfois indiscrète, ils en connaissent et en pratiquent toutes les lois S

Là-dessus encore, dans le bien comme dans le mal, on ne peut souscrire sans réticence au jugement que les Anciens portaient sur les Gaulois. Ce culte de la justice, cette droiture naturelle, ces nobles indignations, furent attribués par eux à toutes les nations lointaines : rhéteurs et moralistes avant tout, les écrivains de la Grèce et de Rome tendaient volontairement à opposer la nature franche des Barbares aux procédés retors des peuples civilisés. Le Danube et la Loire fournirent toujours à la littérature des paysans simples et fiers.

Mais chez les Gaulois comme chez tous les hommes, la ruse, la malice, la trahison, ne perdirent jamais leurs droits. Nous verrons combien de fourbes surgirent au temps de la guerre de l'indépendance. Diviciac et Dumnorix, fort intelligents d'ailleurs, sont d'assez tristes caractères. Autour de Yercingétorix foisonneront les traîtres, les transfuges et les indicateurs ^

Après tout, ce furent peut-être des exceptions, et la Gaule peut s'honorer de ce que, dans ces jugements tout faits que les peuples répétaient autrefois, on ait parlé de sa franchise et de

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