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le sixième siècle, se sont réunis sous le nom de Celtes, Belges et Gaulois'. Peut-être la foule des indigènes a-t-elle fourni à la nation gauloise ses éléments stables et laborieux*; peut-être l'aristocratie des conquérants lui a-t-elle valu son esprit d'aventure, son besoin d'agir et de connaître, sa fougueuse bonté, ses aptitudes littéraires, la forte personnalité de ses chefs, ses qualités brillantes, en un mot son originalité même ^ Car le plus souvent, dans les nations issues d'une conquête, c'est le groupe des vainqueurs qui fixe pour quelques siècles la tournure de l'esprit, qui impose les attitudes morales, qui donne à la vie collective son impulsion propre : les Romains façonneront presque à leur guise l'esprit des Gaulois; que les Barbares arrivent, le désordre ou l'apathie ruineront les intelligences*. On peut donc rapporter aux envahisseurs celtes le mérite des changements subis par le sol et les hommes de la Gaule dans le demi-millénaire qui a précédé l'arrivée de César. Cette masse obscure et routinière qui peuplait le pays, ils lui ont donné une vie intense et débordante; ils ont fait d'elle une nation qui agit et qui pense.