LES BELGES
Les Belges ne formaient pas un Etat; ils n'avaient point, du moins à l'époque où nous les connaissons, d'institutions permanentes, de chefs réguliers. Lorsque César s'approcha d'eux (en 57), ils se liguèrent contre lui, mais la ligue n'embrassa pas tous leurs peuples*. Ils ne cédèrent jamais unanimement à une seule autorité. On se souvint longtemps qu'ils descendaient d'origines diverses, et nous venons de nommer les Germains qu'ils renfermaient^. L'étendue même de leur nom n'est pas très précise : les peuplades de la Moselle ne paraissent l'avoir pris que par intermittence'. Ce mot de Belges était sans doute quelque vocable de guerre qu'une ancienne société de tribus avait adopté et propagé autour d'elle, et qui servait de mot de ralliement dans les jours de conjurations militaires*.
Il y avait cependant entre tous les Belges des ressemblances qui leur donnaient un air de parenté, et qui en faisaient bien une seule famille, distincte de la famille celtique. Venus en Gaule plus tard que cette dernière, en rapports continus avec les Germains, accrus périodiquement par des immigrations transrhénanes, ils gardèrent plus longtemps les mœurs sauvages, les habitudes brutales, l'esprit militaire des anciennes tribus gauloises ^ Ils étaient plus grands, plus robustes, plus belliqueux que leurs voisins du sud*. Sur le champ de bataille, ils luttaient avec le dernier acharnement. C'est sur leurs terres que César livrera les plus rudes combats, que les fuites ont été
46, 4 et 7 ; 49, 1 ; 54, 4). César entend par Belges tous les peuples au nord de la Marne, vallée de la Moselle comprise (I, 1. en particulier 3; II, I ; 111, 11, 1 et 2). Belgium parait être un terme géographique d'origine gauloise, analogue à Canliiim (César, V, 13, 1), à Celticum (Tite-Live, V, 34, 2). Cf. t. I, p. 323, n. C.