DES DEUX COTÉS DU JURA
Alsace s'étendait la grande forêt de la Gaule orientale, qui, pardessus le seuil de Bclfort, réunissait les Vosges et le Jura'. Si l'on voulait rejoindre le Rhin sur une route moins sombre et plus ouverte, il fallait faire un long détour par la percée de VillersexeP, et se résigner à une marche de plus d'une semaine ^
Aussi les Séquanes avaient-ils besoin, pour maîtriser ou compléter leur Empire, d'un nouveau point d'appui. Ils l'ont cherché avec raison, non pas en Alsace, mais en Bourgogne; et ils ont bataillé avec les Gaulois du Morvan pour leur enlever les deux rives de la Saône, pour s'asseoir sur les derniers coteaux charolais du bord de l'Ouest, et occuper ainsi à demeure le nœud de routes productives qui se noue à Chalon. La principale cause des grandes luttes intérieures de la Gaule sera la possession des terres fertiles et des carrefours de la Bourgogne*.
Par ces voies qui descendaient vers elle de tous les côtés, trop d'ambitions s'approchèrent de la vallée de la Saône pour qu'elle pût former, en outre de son unité économique, un môme grand Etat. Elle fut la plus disparate des vallées de la Gaule. Au sud, Allobroges et Eduens se heurtaient près du confluent de Lyon, et, par leurs querelles, le réduisaient à n'être qu'une stérile rencontre d'eaux courantes ^ Au nord, les Séquanes arrivaient par le Doubs, les Eduens par la trouée de la Dheune*, les Lingons par les dix rivières qui descendaient de leur plateau'. Chacun de ces peuples voulut sa part de la plaine de