Aujourd'hui les Biscayens
6. Duces ii d liguntur, qui una cum Q. Sertorio omnes annos fue-
56 liaires cantabres, les troupes unies de l'Aquitaine s'éle- ^ rient à cinquante mille hommes1. Dirigées par les chefs espagnols, elles se mirent à prendre des positions, à fortifier des camps, à inquiéter l'ennemi pour les subsistances. Cette guerre de tactique n'était nullement du goût de Grassus, qui n'avait pas assez de troupes pour rester maître de la campagne; il sentit qu'il serait contraint d'évacuer bientôt le pays, s'il ne se hâtait de gagner une bataille. 11 assembla le conseil des légions, où l'on fut unanimement d'avis qu'il fallait tout tenter pour amener une action décisive, et les soldats reçurent l'ordre de se préparer pour le lendemain.
Au point du jour, l'armée romaine sortit, se rangea sur deux lignes et attendit, immobile, ce que ferait l'ennemi. La confiance ne manquait point aux Aquitains ; ils en trouvaient d'assez grands motifs dans leur nombre et dans les souvenirs de leur ancienne gloire ; car ils se rappelaient avec orgueil qu'ils avaient détruit une année romaine et fait fuir un proconsul romain, durant la guerre de Sertorius; mais les chefs les dissuadèrent de combattre : ils leur firent comprendre que la victoire était plus sûre, sans coup férir, en continuant à fermer les passages, à intercepter les convois. « Si la famine, disaient- « ils, force les Romains à la retraite , nous les attaque- « rons en pleine marche, sous la charge du bagage et « déjà vaincus par le découragement. » Les Aquitains, approuvante sagesse de ce conseil, laissèrent les légions en bataille, et restèrent dans leurs retranchements. Mais
rant, summamque scientiam rei militons habere existimabantur. Caes., Bell. Gall., ni, '23.
\. Millium quinquaginto numéro ex Aquitaniu Cantabrisque convenïsse constabat. Id., ibid., '26. — Oros., vi, S.