‹ Histoire de La Gaule, sous la domination romaineChapitre 312 sur 454 · Qotziçj à/pôuo) ■.;. Id., ibid · texte numérisé non relu

Qotziçj à/pôuo) ■.;. Id., ibid

leurs terres étaient partie intégrante de la cité éduenne; Auguste les en détacha et les déclara libres1. Il fit même plus : Lugdunum et sa banlieue furent érigés en petit territoire à part, enclavé dans le territoire ségusien. mais possédant sa juridiction spéciale2. Telle fut la capitale imposée aux nations gauloises.

Restait à déraciner ces idées invétérées de prééminence que l'ordre politique gaulois attachait à certains peuples, à certaines villes; restait surtout à effacer les souvenirs glorieux empreints à quelques localités et à quelques noms par la guerre de l'indépendance ; en un mot, restait l'œuvre importante de dépayser, pour ainsi dire, toutes les traditions. Auguste y travailla non sans succès. On a vu César, immédiatement après la conquête, accorder à plusieurs lieux la faveur de porter son nom ; il avait créé des villes juliennes par un motif tout personnel, dans le but. d'acquérir une clientèle nom breuse et des soldats dévoués : son successeur, en créant des villes soit augustales, soit césariennes, fut mû par une pensée plus haute et purement politique. Cette mesure, assez indifférente en apparence, contenait pourtant tout un système d'attaque et de réaction contre le passé. Auguste choisit, pour les dépouiller de. leurs vieux noms, celles des villes qui se recommandaient le plus au respect de la Gaule par la double illustration d'une grande existence avant la conquête et un noble rôle pendant la lutte. Quand le rôle avait été trop hostile contre Rome, et rappelait à la nation des souvenirs glorieux, la ville, frappée d'une sorte de proscription, privée de ses préro-

i. Plin., iv, 18.

2. Inserta et excepta. Sen., Epist., xiv, 91. Ptolem., H, 8. — Mannert, Geogr., p. 714, Gall. antiq.

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