LIVRE V. —CHAPITRE II
voisinage du camp ennemi, ce qu'ils exécutèrent. Lentinus s'étant mis à leur poursuite, ceux-ci s'enfuirent à loutes jambes et l'attirèrent de proche en proche jusque dans le lieu où Catugnat les attendait. Les Allobroges alors poussèrent un grand cri ; et les Romains, surpris, enveloppés, auraient péri tous jusqu'au dernier, sans une tempête qui sépara les combattants1. Lentinus etles débris de ses légions allèrent rejoindre Pomplinus, qui battit promptement en retraite vers Narbonne. Catugnat, croyant la guerre finie de ce côté, alla reprendre dans le midi son expédition commencée.
Mais les Romains, ayant réuni de plus grandes forces, rentrèrent par trois points différents sur le territoire ailobroge, et le dévastèrent par le fer et le feu. Catugnat revint sur ses pas; il était trop tard. Ventia succomba, et un avantage remporté sous les murs de Solonium ne recula que de quelques jours la perte du chef gaulois. Lorsque le pays saccagé et incendié sur toute sa surface ne présenta plus aucune résistance, Pomplinus écrivit au sénat que les Allobroges étaient pacifiés ; ce service fut jugé assez important pour mériter au préteur les honneurs du triomphe'2.
1. Kàv 7ïa<7<juoi oiû/eto, s! p.rj yî'.u.wv ffcpoôpo; è?atq>V7)ç STuyîvôwEvo; inéayz xoùç papêâpou; r?,ç ôiio^u:. Dio, xxxvu, 47.
2. Id., ibid., 48. — Liv. epit., cm. — Cic, de Provinc. consular.