J. Leturcq, Notice sur Jacques Guay, p
JACQ.UHS GUAV liJ MAIJA.MI-. DU l'O.Ml'ADOLK 167
17. La première œuvre de Guay comme graveur du Roi fut une intaille de petites dimensions, qui représente le Triomphe de FoiileiioY d'après une médaille et sur un dessin exécuté par Bouchardon [Pi. XIV, fig. 10] '. Le biseau de la gemme porte la date de cette victoire : ii mai 17.45. La deuxième estampe de M'"^' de Pompadour reproduit cette cornaline d'une délicatesse remarquable, et Yonu'tcitr en décrit le sujet comme il suit :
« Lu TRIOMPHE UE FoNTEXOY. — Le Mouarquc conquérant et pacificateur, la tête couronnée de lauriers est debout dans un quadrige à la manière des anciens triomphateurs; il tient de la main droite M. le Dauphin qui avant eu part aux dangers de cette journée devait naturellement être associé aux honneurs dont jouit son Auguste Père. La Victoire vole au-dessus du char, tenant d'une main une palme et de l'autre une couronne de lauriers qu'elle pose sur la tête du Monarque. M. \'ien a réduit ' le dessein de cette composition simple, noble et digne du sujet qu'elle traite, d'après une cornaline de moyenne grandeur. »
M'"^ de Pompadour lit monter cette belle gemme en bague et elle la porta au doigt. A sa mort, en 1764, elle la légua à Louis XV avec ses autres gemmes, ce que confirme une note de Guay. La volonté dernière de M'"'= de Pompadour ne fut pas exécutée sur ce point et la bague ne vint pas au Cabinet du Roi, Elle ne figure sur aucun de nos anciens Inventaires et on pouvait la croire perdue lorsque, en juillet 1899, j'eus la chance de la rencontrer dans la collection d'un amateur Polonais qui la céda au Cabinet des Médailles, et c'est ainsi que le Trioxiphc de Foiiteiioy, avec sa monture intacte est entré dans la collection nationale.
1. PI. II de l^Suile d'estaiiipci de M""; de Pompadour. J. Leturcq, op. cil., p. 78; voyez aussi ce que dit Mariette de cette belle gemme, Traili' ilcs pierres gravées, t. I, p. 150.
2. Une rature au crayon sur le manuscrit indique que l'on a voulu corriger le mot « réduit ». C'est en effet agrandi que l'on aurait dû écrire, car le dessin de Vien est beaucoup plus grand que l'original.
iS. Jacques Guay avait exécute en relief une variante de l'intaillc précédente, mais de plus grandes dimensions, sur un jaspe à trois couches (lo centim. sur 8) : le sort de ce camée nous est inconnu '.
19. Frcilcrir Jiigiistc III, roi de Pologne, Electeur de Saxe^^i-]]^- 1763). Intaille sur cornaline signée GUAY F (PI. XV de la Suite d'estampes de ^1""= de Pompadour). Note de Guay : « Portrait du Roy de Pologne, Electeur de Saxe. Gravé Hn Creux dapres le Portrait pein en Hmail que le Grand Maréchal de Pologne a Sur La poignée de Sont Bâtont Dordonançe '. » Il est piquant de relever l'appréciation du caractère du père de Marie Leczinska et de la reine elle-même, au bas de l'estampe gravée par M'"'^ de Pompadour : « La tête du roi est coiflfée à l'antique, avec une couronne de L'auriers, et le buste est couvert d'une draperie agraflee d'une pierre précieuse sur l'Epaule. Cette estampe est réduite daprès une grande Cornaline par M. \'ien, elle est d'autant plus précieuse qu'elle offre les traits D'un Monarque plein des vertus qu'exigent le Trône et devenu le bienfaicteur de la France en lui donnant une Princesse parée des grâces de son Sexe, et qui, à la première place du monde, fait éclatter tous les avantages qui en rendent digne. » Le sort de la gemme nous est inconnu.
20. Autre portrait du roi de Pologne. Intaille sur prime d'émeraudc, signée GUAY; à côté de la signature un polype'. Sort inconnu.
2 1 . Frédéric II L duc de Saxe-Cohourg et d' Alteuhourg (1699- 1722). Cornaline ; à l'exergue, la signature GUAY F. (PI. XXX de la Suite d'estampes de M'"^ de Pompadour) ^ Note de Guay : " Por-