‹ Histoire de la gravure sur gemmes en FranceChapitre 109 sur 155 · J. Leturcq, op. cit., p · texte numérisé non relu

J. Leturcq, op. cit., p

6. Chabouillet, Catalogue, n° 2500; J. Leturcq, Notice sur Jacques Guay, p. 55 et pi. E, fig. 17.

174 JACQL'HS GCAY KT MADAME DE PO.MPADOUR

allumé sur lequel est sculpté un dauphin. A Texcrgue, G. i/j2, (PI. Xll de la Siiili' d'estampes de M'"" de Pompadour). Aujourd'hui au Cabinet des Médailles fPl. XIV, fig. 3]. J. Guay raconte qu'il exécuta cette œuvre en neuf jours, ce qui paraît un véritable tour de force : « Dant le tant que toute la France éttée En larmes, Guay san frema et travailla jour et nuit pour graver cette pierre en creux il a présenta a Madame de Pompadour le jour que le Preince feu or de Danjer, le 9 jours de la maladie. « L'intaille dont il s'agit ici fut donc gravée pendant la maladie du Dauphin, au mois d'août 17^2 :J. Guav l'exposa au Salon de l'année suivante '.

41. Actions de grâces pour le rétablissement de la santé de Monsieur le Dauphin. Intaille sur hyacinthe représentant la France qui sacrifie sur un autel au pied de la statue de la Santé ; à l'exergue, ijj2 (PI. X de la Suite d'estampes de M'"" de Pompadour). Aujourd'hui au Cabinet des Médailles [PI. XIV, fig. 11] '. Jacques Guay qui l'exposa, comme la précédente, au Salon de 1753 ', nous apprend qu'elle lui fut commandée par M'"'^ de Pompadour. Mais le Dauphin détestait et méprisait la marquise; lorsque cette dernière lui fit hommage, après son rétablissement, des deux estampes qu'elle avait gravées d'après les gemmes de Guay, le prince témoigna son indignation de voir que M'""-' de Pompadour s'était fait représenter sous les traits de la France : « il ne put s'empêcher de dire, raconte Soulavie. que Madame de Pompadour implorant Esculape. ressemblait au Grand Turc s'il venait à implorer Jésus-Christ. » Ce mot ne manqua pas d'être mis en chansons *.

1. ChahouillL't, Catalogue, n° 2501 ; J. Lcturcq, Xolicc, p. 52, 98 et 196 et pi. K, fig. 18; J. J. Guiffrev, Coll. des livrets des Salons, t. XVII, p. 26.

2. Chabouillet, Catalogue, n° 2502 ; J. Lcturcq, Noliee, p. 52, 94 et 196 et pi. E, fig. 19. 5. J. J. Guiffrev, Collection des livrets, t. XVII, p. 26.

4. Soulavie, Méuwires liistoriques et anecdotes sur la cour Je Louis XV. p. 285 ; J. Leturcq, Notice, p. 33.

JACQUES GCAV i;i' MADAME DF. POMPADOUK I73

42. Miiicnw sous les traits de A/""-' de Ponijnidoiir, protci^eaitt la gravure en pierres fines. Intaillc sur girasol. Le sujet représente iM'"'= de Pompndour posant une corne d'abondance sur un tour à graver les pierres fines; un génie ailé soulève le voile qui cachait les armoiries de la marquise. A l'exergue, G. 1752 (PI. \'1I de la Suite d'estampes de M"'"-' de Pompadour). Aujourd'hui, au Cabinet des Médailles |P1. XIV, fig. 13 1 ■.

A cette époque, Jacques Guay reçut une pension annuelle de 1200 livres qui lui fut accordée (4 octobre 1752), « en considération de ses succès dans son art et pour encourager ses talents ' ». C'est sans doute par reconnaissance pour cette pension que notre artiste grava la belle gemme que nous venons de décrire. La note qu'il a rédigée pour accompagner l'estampe de M""= de Pompadour est ainsi conçue : « Guay a gravé cette Pierre en creux pour transmetre à la Postérité la Proctretion que Madame de Pompadour a daigne luy a corder, sa rcconnesance et des plus respectueuse et des plus Seinsère. Si la graveure en Pierre est conservée on le doit à la Minerve du Siècle, elle a Protrégé ce ar en itravaillan et fesant vivre le graveur. Se époque et de plus véritable à Paris ce 14 avril 1738.

« J. Guay '. »

Le rédacteur inconnu du commentaire des estampes apprécie dans les termes suivants le talent de Jacques Guay : « Madame de Pompadour a associé à son travail un habile homme né en Provence, dont le talent supérieur pour la graveure en pierres, justifie le choix qu'on a fait de luy. Ses productions retracent à notre siècle tout l'art des Dioscorides ; on y admire les grâces fines et légères de l'ancienne Grèce unies à la noblesse du goût romain. A ces traits on reconnaît .\1. Guay : il est le premier

1. Chabouilkt, Catalogiu-, n" 2505 ; J. Lcturcq, Notice, p. 59 et 91 et pi. E, fig. 20.

2. Bulletin de la Société de l'histoire de l'art français, 2<: année, 1876, p. 66. 5. J. Leturcq, Notice sur Jacques Guay, p. 40 et 91 et pi. C (fac-similé).

graveur en pierres que l'Académie royale de peinture et de sculpture ait admis dans son sein, distinction également honorable pour l'artiste et pour l'Académie ' ».

43. L'amitié. Intaille sur agate saphirine. d'après un dessin de Boucher, représentant l'Amitié sous les traits d'une jeune femme qui tient un cœur de la main gauche, et de la droite un arbuste autour duquel serpente un cep de vigne; un masque est à ses pieds. En légende : longé et propc et mors et vita ; à l'exergue, ijy] (PI. XM de la Snilc d'estampes de M""-' de Pompadour '. Les historiens de M™= de Pompadour s'appuient sur la date de cette intaille pour fixer l'époque de la cessation des rapports intimes du Roi avec la marquise, celle-ci voulant désormais substituer, chez Louis XV, le sentiment de l'amitié à celui de l'amour '. Le sort de cette gemme nous est inconnu.

44. Jlexandriiie Lenoniiaul d'Etiolés. Tête d'entant de profil, coilïée d'un bonnet. Intaille sur cornaline, montée en bague. Alexandrine, fille de M"'* de Pompadour, mourut à 14 ans en 1754, peu de temps après que cette intaille eût été gravée par Guav *. Cette charmante gemme, donnée par M""' de Pompadour au duc de Chabot, appartenait en dernierlieu à M"'^' la marquise de Contades, fille du maréchal de Castellane, devenue depuis comtesse de Beaulincourt de Maries, qui la donna au Cabinet des Médailles en 1891 [PL XIV, fig. 18j.

45. Louis AT. Buste lauré, cuirassé et drapé, de profil; sous le bras, GUAY • F' 1733. Camée sur sardonyx à trois couches; monture en or émaillé, de l'époque de Louis X\' (PI. I de la Suite d'estampes gravées par M"^" de Pompadour) >.

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