J. Leturcq, op. cit., p. 80, 218 et
JACQUES GUAY ET MAHAMi: OH l'OMIWDOLU 20}
gemme le portrait de son protégé, l'abbé de Ik'rnis ; maisj. Leturcq met en doute la véracité de cette assertion '.
Nous ne nous attarderons pas, après cette longue revue, à célébrer le génie de Jacques Guay, bien que nos planches soient fort insuffisantes pour faire apprécier la pureté du dessin, la délicatesse exquise du travail et surtout la beauté chatoyante de la matière, dans ces camées et ces intailles qu'on admirera aussi longtemps que l'humanité gardera le culte du beau. Le peintre Boucher et le sculpteur Bouchardon furent souvent les inspirateurs de notre artiste, dans ces sujets gracieux et frivoles, ces poétiques allégories qu'il excellait à traiter. Mais, dit avec raison J. F. Leturcq, « ce qui a surtout valu à Jacques Guay et lui assurera dans l'avenir une célébrité sans égale, c'est la manière dont il traita le portrait, et surtout le portrait historique. On peut dire, sans crainte d'exagération, qu'il atteignit dans cette spécialité le suprême degré, et qu'aucun artiste moderne, ni dans ses devanciers ni dans ses successeurs, n"a pu lutter avec lui et ne pourra l'égaler ' ».
Quand il s'agit d'un artiste de génie comme celui dont nous venons de retracer la carrière, on aimerait à connaître les procédés techniques de travail auxquels il avait recours dans le secret de l'atelier. Nous ne sommes pas absolument dépourvus de renseignements à ce sujet en ce qui concerne Jacques Guay, et J. ALiriette qui le vit à l'œuvre a donné, dans son Traité des pierres gravées, une estampe gravée par P. Soubeyran, d'après un dessin de Bouchardon, qui représente un graveur à son touret : on a de bonnes raisons de croire que c'est Guay lui-même que Bouchardon a ainsi lîguré '. C'est pourquoi nous reproduisons ici
1. Soulavic, Mcnioircs hisloriqiies cl anecdotes, p. 275 ; A. de La Fizeliére dans la Galette des Beaux-Arts, août 1859, P- 296; J. Leturcq, op. cit., p. 239.