Au château de La Clau, par Le Boucau (Basses -Pvrénées
5. BibL nat. MS. latin 11 56; cf. Ga:(ette arclièologique, 1886, pL XX ; Lecoy de la Marche, Les manuscrits et la miniature, p. 195.
collègue, M. H. de La Tour m'a suggéré l'idée qu'il s'agit peutêtre du portrait de Louis II d'Anjou (i 567-1417). iilsde Louis h', qui fut prétendant au trône de Naples et le père du roi René. Le rapprochement n'entraîne pas une conviction absolue; du moins, l'air de famille est si frappant qu'on peut conjecturer que le camée-bague de la collection de M. Guilhou, représente Louis L"^ ou Louis II d'Anjou.
Quoi qu'il en soit, en présence des chefs-d'œuvre que nous venons de passer en revue, il faut reconnaître que les graveurs français du temps de Charles \' et de Charles VI n'ont été surpassés par ceux d'aucune époque ni dans aucun pays. Sornmes-nous condamnés à toujours ignorer leurs noms, comme ceux de la plupart des architectes de nos cathédrales gothiques? Ils étaient les compagnons et les dignes émules de miniaturistes comme André Beauneveu et Jean Fouquet. Seulement ceux-ci, mieux partagés, eurent la bonne fortune de rencontrer de nos jours des historiens qui ont fait revivre leurs noms, signalé leurs œuvres à l'attention de tous ceux qui ont le culte du beau, assuré à leur mémoire une gloire immortelle. Espérons que l'avenir nous révélera les noms de ces cristalliers qui ont, comme Beauneveu et Fouquet, incarné leur génie dans des infiniment petits. Quels qu'ils soient, et en attendant de les mieux connaître, saluons leurs œuvres qui nous font sentir, à côté des miniatures, ce qu'a été cette période, qui comprend la seconde moitié du xiv^ siècle et le commencement du xv*^ siècle français, dans les arts mineurs : le triomphe de la grâce et de la délicatesse servies par une habileté technique qui n'a jamais été dépassée.