RENE D AXJOU ET LE XV^ SIÈCLE FRANÇAIS I I
roy Rcnc de (^L'cillc, avec une perle ronde pendante, enrichie de quatre autres petites perles, deux rubiz, deux esmerauldes et ung petit diamant, estimé XL" '. »
QjLiant aux camées antiques qui, mêlés aux modernes, décorent le reliquaire de Saint-Nicolas-de-Port, nous y reconnaissons, sur une face, l'apothéose d'Hadrien, camée aujourd'hui conservé à la Bibliothèque de la ville de Xancv : il avait été baptisé saint Jean sur les ailes de l'aigle. Sur l'autre tace, c'est une \'énus à sa toilette, présentement au Cabinet des Médailles '. La déesse, qui tient à la main un miroir orné d'un rubis, passait, en dépit de sa nudité, pour représenter la Vierge Marie : « le peuple, dit dom Calmet, la baisait avec respect, croyant baiser la figure de la sainte \'ierge '. » Ainsi, en plein xv siècle, persistaient dans le traitement et l'attribution des camées antiques les mêmes errements superstitieux et naïfs que dans les temps antérieurs.
Les quelques artistes qui travaillaient sous l'inspiration du roi René ou des rares amateurs français du xv'= siècle, continuaient, comme par le passé, à graver des gemmes sigillaires. Ainsi, lintaille au contre-sceau de la commandcrie de Saint-Antoine-de \'iennois à Paris, en 1489, est un buste d'évêque mitre, de tace, dont la gravure ne peut guère être attribuée qu'à l'école française contemporaine [PI. VII, fig. 18] \ Ce seul exemple atteste que l'étude des sceaux en cire serait, pour le xv"-" siècle, non moins instructive que pour les temps antérieurs.
On continuait aussi, au xv-' siècle, à retoucher les camées antiques auxquels on voulait donner une affectation pieuse : citons-en un exemple caractéristique.
1. Inveutaiie des joyaux de la couronne de France en i)6o, dans l.i Revue universelle des arts, t. IV, 1856-1857, p. 455.