‹ Histoire de la Gréce depuis les temps les plus reculés jusqu'a la fin de la géneration contemporaine d'Anglais (volume 4)Chapitre 1 sur 31 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

COMBAÏ DES THERMOPYL^ ET d'aRTEMISION

Engagement pris par les Grecs confédérés contre ceux des Grecs qui se joignaient aux Perses. — Résolution prise de défendre les Thermopylae aussi bien que le détroit adjacent de TEubœa. — Défilé des lliermopylœ et son voisinage. — Les Grecs prennent position aux Thermopylae. — Léonidas, roi de Sparte, y conduit l'armée. •— La flotte combinée sous Eurybiadês occupe le détroit Eubœen. — Nombre et composition de l'armée de Léonidas. — Phokiens et Lokriens. — Fête Olympique et flte Karneienne. — Les Grecs ne peuvent se résoudre à les remettre, même dans im danger si imminent. — Sentier sur le mont Œta par lequel on pouvait esquiver les Thermopylœ. — Léonidas en est informé d'abord à son arrivée sur les lieux ; — les Phokiens s'engagent à le défendre. — Nombre et composition de la flotte grecque à Artemision. — Trois trirèmes de la flotte grecque envoyées en avant «omme vedettes; — leur première rencontre avec la flotte persane. — Ces trois trirèmes sont capturées ; — panique de toute la flotte grecque, qui abandonne Artemision et se retire à Chalkis. — Danger inmiinent que court le plan de défense des Grecs ; — ils sont délivrés par une terrible tempête. — Mouvements de Xerxês à son départ de Therma. — Il arrive avec son armée dans le territoire malien, près du défilé des Thermopylœ. — Mouvement de la flotte persane en avant ; — elle est surprise par une tempête et un ouragan destructifs sur la côte de Magnêsia. — Immense dommage causé à la flotte par la tempête. — Encouragement donné à la flotte grecque ; — elle retourne de Chalkis à Artemision. — Délai de Xerxês avec son armée de terre près de Trachis. — Impressions de Xerxês au sujet des défenseurs des Thermopylœ. — Conversation avec Demaratos, qu'il ne veut pas croire. — Doutes au sujet des motifs attribués à Xerxês par Hérodot^^.

— Première attaque dirigée sur les Thermopylœ, — faite par les troupes mèdes ;

— elle est repoussée. — Attaques répétées par les meilleures troupes de l'armée persane, toutes repoussées avec perte. — Embarras de Xerxês ; — il en est

T. VII. i

<l<''Iivré en apprenant Texistence du sentier sur la montagne. — Un détachement persan sous Hydarnès gravit le sentier de la montagne et chasse la garde phokienne. — II arrive sur les derrières de Léonidas. ^» Débat entre les défenseurs des Thermopylœ quand ils apprennent que les Perses arrivait derrière eux. — Léonidas se décide à rester et à mourir dans le défilé. — Les trois cents Spartiates, avec les Tliespiens, restent avec Léonidas ; le reste du détachement se retire. — Doutes au sujet du contingent thêbain. — Derniers exploits et mort de Léonidas et de sa troupe. — Individus distingués parmi eux ; — môpris témoigné à Aristodêmos qui ne combattit pas. — Sort du contingent thêbain. — Impressions de Xerxês après le combat. — Avis que loi donne Demaratos ; — il le rejette. — Conduite des deux flottes, à Artemision et à Aphetse; — alarme parmi la flotte grecque. — Themistoklês la décide à rester et à combattre, — sur les instantes prières des Eubœens. — Important service rendu ainsi par Tliemistoklês. — Confiance et espoir de la flotte persane. — Elle détache une escadre pour faire le tour de l'Eubœa et prendre les Grecs par derrière. — Combat naval d' Artemision, — avantage remporté par les Grecs. — Seconde tempête ; — la flotte persane éprouve de plus grands dommages, et le détachement envoyé autour de l'Euboea est détruit. — Nouveau combat naval à la hauteur d' Artemision, — indécis, — mais les Grecs se décident à se retirer. — Ils se retirent immédiatement en apprenant lé désastre des Thermopylae, — ils vont à Salamis. — Marche de la flotte persane sur l'Eubœa. — Manœuvres attribuées à Xerxês par rapport aux morts aux Thermopylae. — Nombre des morts des .deux côtés. — Inscriptions commémoratives subséquentes. — Touchante inscription de Simonidês.

Ce fut pendant que les États du nord de la Grèce abandonnaient ainsi successivement la cause commune, que les députés assemblés à l'isthme prirent entre eux l'engagement solennel, en cas de succès, d'infliger un juste châtiment à ces frères qui refusaient de se joindre à eux, de frapper leurs biens d'une dîme, et peut-être de consacrer un dixième de leurs personnes au profit du dieu de Delphes. On devait faire exception pour les États qui avaient été forcés de cé(^r par une nécessité irrésistible (1). Il semblait à ce moinent bien peu vraisemblable qu'un tel vœu reçût son accomplissement. C'était la manifestation d'un sentiment déterminé, liant ensemble les États qui prenaient l'engagement, mais il n'a pu contribuer beaucoup à intimider les autres.

Déployer leurs propres forces, c'était le seul moy^ii efficace de maintenir ensemble des alliés douteux. Le défilé des

(1) Hérodote, YII, 132. Diodore, XI, 3.

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Thermopylae fut alors choisi comme le point le plus commode pour la défense, après celui de Tempe : — il laissait en dehors, il est vrai, et abandonnait à Tennemi les Thessaliens, lesPerrhsebiens, les Magnêtes, les Achaeens Phthiôtes, les Dolopes, les ^nianes, les Maliens, ete., qui auraient été compris si la dernière ligne avait été adoptée ; mais il comprenait la plus vaste étendue compatible avec la sûreté du pays. La position des Thermopylae présentait un autre avantage qui ne pouvait se trouver à Tempe; la terre ferme n'était séparée ici de l'île d'Eubœa que par un détroit resserré, d'environ deux milles et demi (= 4 kilom.) dans sa plus petite largeur, entre le mont Knêmis et le cap Kênaeon. Dans la partie septentrionale de l'Euboea, faisant immédiatement face à la Magnesia et à TAcbsea Phthiôtis, était située la ligne de côtes appelée Artemision ; nom dérivant du temple <l'Artemis, qui était ce qu'elle avait de plus saillant et appartenait à la ville d'Histiaea. On convint que la flotte grecque s'y rassemblerait, afin d'agir de concert avec l'armée dé terre et de s opposer à la marche des Perses sur deux éléments à la fois. On supposait qu'il était favorable pour les Grecs de combattre dans un espace étroit (1), sur mer non moins que sur terre, en ce que leurs vaisseaux étaient inférieurs en nombre, et avaient une marche plus lourde que <;eux qui étaient au service des Perses. D'après la position d' Artemision, on calculait qu'ils pourraient empêcher la flotte persane d'avancer dans le détroit resserré qui sépare l'Eubœa de la terre ferme au nord et à l'ouest, et qui, entre Chalkis et la Bœôtia, devient assez étroit pour qn'^ y puisse jeter un pont. C'était à ce dernier point que Ids mirins grecs auraient préféré établir leur défense : mais l'occupation de la partie septentrionale du détroit Eubœen était indispensable pour empêcher la flotte des Perses de débarquer

(1) Hérodote, VIII, 15-60. Cf. lao- ce point dans le sentiment athémen

kTate, Panegyr. Or. IV, p. 59. entre la guerre des Perses cf celle du '

J'aurai occasion bientôt de faire re- Péloponèse. marquer la révolution qui s'opéra sur

des troupes sur les derrières des défenseurs des Thermopylae.

La limite occidentale de ce détroit Eubœen est formée par ce qu*on appelait alors le golfe Maliaque, dans lequel se jetait le fleuve Spercheios, — après un cours de Touest à Test entre la ligne du mont Othrys ^u nord et le mont Œta au sud, -^ près de la ville d'Antikyra. La partie inférieure de cette spacieuse et fertile ville du Spercheios était occupée par les diverses tribus des Maliens, confinant au nord et à l'est à TAcbaea Phthiôtis : les Maliens les plus méridionaux, avec leur ville de Trachis, occupaient une plaine, — dans quelques endroits considérable , dans d'autres trèsétroite, — enfermée entre le mont Œta et la mer. A partir de Trachis, la chaîne de TCEta s'étendait à Test, confinant de près au rivage méridional du golfe Maliaque : entre les deux se trouvait le mémorable défilé des Thermopylae (1), Sur la route de Trachis aux Thermopyl», immédiatement en dehors du défilé et à Tembouchure des petits cours d'eau appelés le Phœnix et l'Asôpos, était située la ville d'Anthêla, célèbre par ses temples d'Amphiktyon et de Dômètèr Amphiktyonique aussi bien que par les réunions automnales du conseil amphiktyonique pour lequel des sièges étaient préparés dans 1« temple.

Immédiatement auprès d'Anthêla, le versant septentrional de la haute et longue chaîne de l'Œta se rapprochait assez près du golfe, ou du moins d'un marécage inaccessible qui formait le bord du golfe, de manière à ne laisser de place que pour le passage d'un seul chariot. Cette entrée étroite formait la porte occidentale des Thermopylae. A une petite distance, vraisemblablement à un mille environ (= 1 ,600 mètres) à l'est, le même rapprochement étroit entre la montagne et la mer se répétait, — formant ainsi la porte orien-

<1) Le mot défilé entraîne commune- étroit, ayant des montagnes d'un coté

ment l'idée d'un sentier enfermé entre seulement et de Teau (ou un terrain

des montagnes. Dans cet exemple, il marécageux) de Tautre. est employé pour désigner un passage

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taie des Thermopylae, non loin de la première ville des Lokriens, appelée Alpêni. L'espace entre ces deux portes était plus large et plus ouvert, mais il se distinguait et se distingue encore par son abondance de sources thermales, salées et sulfureuses. Quelques cellules y étaient préparées pour les baigneurs, ce qui faisait donner à l'endroit le nom de Chytri, c'est-à-dire les Bassins; mais la quantité abondante d'eau minérale répandait sa vase et déposait sa croûte sur tout le terrain adjacent; et les Phokiens, quelque temps auparavant, avaient essayé à dessein de conduire l'eau de manière k^en^re le défilé entièrement impraticable, et en même temps ilè. construisaient un mur en travers près de la porte occidentale. Ils avaient agi ainsi pour arrêter les Thessaliens, qui avaient essayé d'étendre leurs conquêtes au sud et à l'est. Les sources chaudes, ici comme dans d'autres parties de Grèce, étaient consacrées à Hêraklês (1), dont les exploits et les malheurs légendaires illustraient toute la contrée environnante : le mont Œta, Trachis, le cap Kenaeou, les îles Lichades, la rivière Dyras. Quelques fragments de ces légendes ont été transmis et embellis par le génie de Sophokle, dans son drame des Trachiniennes.

Tel était le théâtre général, — deux ouvertures étroites avec un mille intermédiaire d'une route élargie et des sources d'eaux chaudes entre elles, — qui étaient connues dans l'antiquité sous le nom significatif des Thermopylae, les Portes Chaudes; ou quelquefois plus brièvement, de Pylœ, les Portes. A un point aussi près de Trachis, entre les montagnes et la mer, à environ deux milles (= 2 kilom. 300 mètres) en dehors, c'est-à-dire à l'ouest des Thermopylae, la route était à peine moins étroite, mais on pouvait la tourner en marchant à l'ouest, puisque les montagnes adjacentes étaient plus basses et présentaient moins de difficulté, pour le pas-

(1) Selon une des nombreuses hypo- d*eau dans des temps très-reculés, —

thèses imaginées pour réduire la lé- $eiv6ç wepl Ç^xYiffiv û^àxwv xai <rvva-

gende religieuse en un fait réel histo- ytoyi^v. V. Plutarque, Cum principibus

rique et physique, on supposait qu'Hê- viris philosophe esse dissereudnm, c I,

raklès avait été un ingénieur ou trouveur p, 776.

sage : tandis qu'aux Thermopyte même, la projection en surplomb du mont Œta était escarpée, boisée et impraticable, ne laissant d'accès, de Thessalia en Lokris et dans les territoires au sud-est de l'Œta, que par la porte étroite (1);

(1) Sur les Thermopylae, V. Hérodote, VII, 175, 176, 199, 200.

*EXXa8a lati, -qj GTeivoraTOV, i?)jjLt«)x- '6pov • oO (jiévToi xaxà toîto y'Iari tô ffreivoxatov Tyjç X^P^î ""î? àXXr);, àXX' l|ji7rpoa6é re OepfioinjXgwv xaî-6in<rÔ£ • TLOLxi Te 'AXTnjvo^ç, ôiri^Ôe éovtaç, êovo-a àpLoÇixàç {xouvrj * xai IjxTcpoaÔs xaxà <l>oivixa Ttoxajxàv, àjxoiÇtTo; àXXy;

[AOVVT].

Cf. Pausanias, VII, 15, 2. T6 atévov t6 'HpaxXeta; re [xetaÇù tôv 0ep{ioiruXéwv ; de plus Strabon, IX, p. 429, et Tite-Live, XXXVi,a2.

Hérodote dit au sujet des Thermopylae — (rreivoxéoTj yàp èçaivexo èoOaa T^ç elç Oeo-craXtiiv, t. e. que le défilé de Tempe.

Si nous ne possédions pas les claires indications topographiques données par Hérodote, il serait presque impossible de comprendre le mémorable événement dont nous nous occupons maintenant; car la configuration de la côte, le cours des fleuves et les phénomènes locaux en général sont aujourd'hui si complètement changés, que les voyageurs modernes égarent plutôt qu'ils n'aident. Dans l'intérieur du golfe Maliaque, trois ou quatre milles de terre nouvelle se sont formés par l'accumulation graduelle des dépôts du fleuve, de aorte que le golfe lui-même a une étendue beaucoup moins grande, et que la montagne confinant à la porte des Thermopylae n'est pas maintenant auprès de la mer. Le fleuve Spercheios a considérablement changé son cours :

au lieu de se j«;ter à la mer dans use direction à l'est considérablement ou norA des Thermopylœ, comme il le disait à l'époque d'Hérodote, il a été détourné au sud dans la partie infêrienire

de son cours, avec bien des détours, de sorte qu'il arrive à la mer beaucoup au sud du défilé, tandis que les rivières Dyras, Mêlas et Asôpos, qui du temps d'Hérodote arrivaient toutes à la mer séparément entre l'embouchure du Spercheios et les Thermopylae, n'y parviennent plus du tout, mais se jettent dans le Spercheios. De plus, l'écoulement perpétuel des sources thermales a contribué à accumuler un dépôt et à élever le niveau du sol en général dans tout le défilé. Hérodote semble considérer la route entre les deux portes des Thermopylae comme allant au nord et au sud, tandis qu'elle irait plutôt presque à l'est et à l'ouest. Il ne connaît pas la dénomination de Kallidromos, appliquée par Tite-Live et par Strabon à une partie indétwminée de la chaîne orientale de l'Œta.

Relativement aux traits anciens et actuels des Thermopylae, V. les bonnes observations du colonel Leake, Travels in Northern Greece, vol, II, ch. 10, p.

7-40 ; Gell, Itinerary of Greece, p. 239 ; Kruse, Hellas, vol. III, ch. 10, p. 129.

Le D"^ Clarke fait observer : « Les sources thermales sortent principalement de deux bouches au pied des.

précipices calcaires de l'Œta, sur la gauche de la chaussée, qui passe ici tout près de la montagne, et qui dans cette partie permet à peine à deux cavaliers de marcher de front ; le marécage à droite, entre la chaussée et la mer, étant si dangereux, que nous fUmes bien près d'y être ensevelis avec nos chevaux, pour avoir commis l'imprudesoe de nous y aventurer quelques pas en quittant le chemin pavé »

(Clarke's Travels, vol. IV, ch. 8, p. 247).

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à l'exception d'un sentier dans la montagne peu fréquenté aussi bien que détourné, dont il sera fait "bientôt mention. Le mur construit dans l'origine en travers du défilé par les Phokiens était alors à demi ruiné par le temps et l'abandon; mais les Grecs le rétablirent facilement, se décidant à attendre dans ce défilé resserré, plus étroit à cette époque même que le défilé de Tempe, l'approche de l'armée d'invasion. Le bord de la ligne de mer semble avoir été, dans la plus grande partie, marécageux, propre ni à marcher ni à naviguer; mais il y avait des points où des bateaux pouvaient aborder, de sorte qu'une communication constante pouvait être entrertenue avec la flotte à Artemision, tandis qu'Alpêni était immédiatement derrière eux pour leur fournir des provisions. Bien qu'une résolution générale des députés grecs réunis à l'isthme, de défendre conjointement les Thermopylae et le détroit Eubœen, eût été prise vraisemblablement peu après la retraite de Tempe, leurs troupes et leur flotte n'occupèrent pas réellement ces positions avant qu'on sût que Xerxês était parvenu au golfe Thermaïque. Toutes deux alors furent mises en mouvement : l'armée de terre sous le roi Spartiate Léonidas ; l'armée navale sous le commandant Spartiate Eurybiadês, apparemment vers la dernière partie du mois de juin. Léonidas était le frère puîné, le successeur et le gendre du précédent roi Eurysthénide Kleomenês, dont il avait épousé la fille unique Gorgo. Un autre frère de la même famille, — Dorieus, plus âgé que Léonidas, — avait péri, même avant la mort de Kleomenês, dans un essai malheureux fait pour établir une colonie en Sicile ; et c'est ainsi que le plus jeune frère avait été appelé à succéder d'une manière inattendue. Léonidas conduisit alors de l'isthme aux Thermopylae une troupe de 300 Spartiates d'élite, — tous citoyens d'un âge mûr, et personnes qui laissaient au logis des fils pour les remplacer (1). Avec eux venaient 500 hoplites de Tegea, 500 de

(1) Hérodote, VII, 177, 205. 'EiciXe- En choisissant des hommes pour un

^àfxevoc avôpaç re toOç xaTevreâra; service dangereux, les Spartiates pre-

TptTTixoffCovç, xal TOÎffi ètÛYxavov icatôe; naient de préférence ceux qui déjà

êovTe;. aTaient des famiDes : si un tel homme

Mantineia, 120 de Tarkadienne Orchomenos, 1,000 du reste de TArkadia, 400 de Corinthe, 200 de Phlionte et 80 de Mykênae. Il y avait sans doute des ilotes et des troupes légères, en nombre indéterminé, et probablement une certaine quantité d'hoplites lacédaemoniens, non Spartiates. Dans leur marche à travers la Bœôtia, ils furent rejoints par 700 hoplites de Thespiae, dévoués de cœur à la cause, et par 400 Thêbains, d'une fidélité plus douteuse, sous Leontiadês. Il paraît en efiet que les hommes principaux de Thêbes, à cette époque sous une oligarchie très- étroite , médisaient décidément, c'est-à-dire épousaient l'intérêt des Perses autant qu'ils l'osaient avant que les Perses fussent réellement dans le pays; et Léonidas, quand il demanda un certain nombre de leur troupe pour aider à la défense des Thermopylae, ne sut s'ils ne refuseraient pas leur consentement, et s'ils ne se déclareraient pas ouvertement contre la cause grecque. Les chefs thêbains jugèrent prudent de consentir, bien que contre leurs inclinations réelles, et fournirent un contingent de 400 hommes (1), choisis parmi les citoyens d'un sentiment opposé au leur. En efiet le peuple thêbain, et les Bœôtiens en général, à l'exception de Thespiae et de Platée, semblent avoir manifesté peu de sentiment pour un

était tué, il laissait derrière lui un fils pour remplir ses devoirs envers l'État, et pour conserver la continuité des rites sacrés de famille, dont l'extinction était considérée comme un grand malheur.

Dans nos idées, la vie d'un père de famille dans l'âge mûr serait regardée comme plus précieuse, et sa mort comme une perte plus grande que celles d'un homme plus jeune et non marié.

(1) Hérodote, VII, 205; Thuoyd.

III, 62; Diodore, XI, 4; Plutarque, Aristeidês, c. 18.

Le passage de Thucydide est trèsimportant ici, comme confirmant à un haut degré le renseignement d'Hérodote, et nous mettant à même d'appré-

cier les critiques de Plutarque, trèsplausibles sur ce point particulier (De Herodoti Malign. p. 865, 866). Ce dernier semble avoir copié sur un auteur bœôtien perdu nommé Aristophanês, qui essayait d'établir un cas plus honorable pour ses compatriotes par rapport à leur conduite dans la guerre des Perses.

Le renseignement de Diodore, — ©rjêaicDV àico Tfjç érépaç |uptSoc <hç xsTpaxoffioi, — est expliqué par un acte du gouvernement Korkyraeen (Thucyd.

III, 75) quand il enrôla ses ennemis afin de s'en débarrasser ; et par celui de l'italienne Cumœ (Dionys. liai.

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