LIVRE IV, PART. III, CHAP. I
de Jean de Brienne Ini-méme ; et la flotte des Latine attaqua et mit en dëronte celle des Grecs. Ce fut à cette affaire que le duc de Naxe se distingua particulièrement par sa valeur et sa prudence : il s^empara de plusieurs vaisseaux ennemis et en repoussa un grand nombre dans le port de Constantinople, où ils furent pris et brûlés.
Les deux princes vaincus , loin de se laisser abattre par cette disgrâce, s^animèrent Tun et Tautre à la vengeance, et revinrent Tannée suivante avec une flotte de trois cents voiles.
•Les Latins , de leur côté , qui s'étaient préparés îi ^^^ ^^ cette nouvelle attaque, avaient renforcé leur flotte de plusieurs vaisseaux alliés : ils livrèrent le combat aux Grecs, qui furent vaincus et mis en pleine déroute dès le premier cboc. Le duc de Naxe avait fourni quatre vaisseaux, dont un commandé par son fils Marc Sanudo , âgé de quatorze ans seulement.
Les Français allaient tirer parti de cette victoire, et déjà Yatace, intimidé, avait demandé une trêve de deux ans , quand Jean de Brienne mourut.
Cet événement jeta la désolation dans tout Teropire. Baudouin Papprit en France , où il était allé demander
des secours; et il se hâta de revenir à Constantînople, ou il fut reconnu et sacre empereur. Aussitôt son avènement au trône, Baudouin, qui connaissait tous les dangers ou se trouvait Tempire, ne négligea aucun moyen pour les prévenir. Il écrivit à Sanudo , qui s^était retiré à Kaxe , pour le prévenir de son arrivée a Constantinople , et F inviter en même tems à s^unir avec lui , pour combattre les ennemis de Tétat.
Le duc de Kaxe , toujours prêt à signaler son courage et son dévouement, arma quatre galères quMl voulut commander en personne , et alla les joindre à neuf autres galères qui rattendaîent dans le port de Constantinople.
En sortant du port avec sa petite escadre, il rencontra presque de suite trente galères de Yatace. D'abord il feignit de prendre la fuite à leur aspect, et les Grecs, trompés par cette habile manœuvre, détachèrent pour le suivre les plus lestes et les mieux armés de leurs bàtimens.
Sanudo se fit suivre de cette manière pendant trois heures; mais voyant alors les galères ennemies tout à fait séparées du reste de la flotte grecque , il se tourna rapidement vers les plus avancées, et les fit