LIVRE V, CHAPITRE L
place d^armes de toutes les flottes de b république. Ces (lottes , montées par des hommes de toutes les nations et la plupart sans patrie , formaient des' garniscms dangereuses dent les brigandages exaspéraient les insulaires qui ne cessaient de se plaindre* En 1621, 1624 et 1626, ils furent obligés d» recourir à Paotorité du sâiat, contre Faudace et la licenee de ces hôtes incommodes^ <{ui étaient pour Tile un icéri table fléau». Le sénat fit droit ^ leurs réclamations ; et il défendit par une loi aux marins ou rameurs àe$ g^ères de descendre à tesre y et aux capitaines d^y demeurer»
En 1627, la peste se répandit en* Italie; tes états d^ Yenise en furent désolés, et File de Corfoii en ressentit la funeste contagion; ses ravages cependaînl furent peu considérables, à cause des j^cantions et des. mesures de salubrité que VfOk se kâta de prendre»
U s^éleva, en i632, quelques trotâïles dans File, suscités, par la dureté de la noblesse, et par Fimpatîence du peuple , jaloux d^obtenTr quelques préroga* tires; et le sénat fut forcé, dans cette circonstance^ d^interposer son^ autorité pour rétablir la paix. lies inquisiteurs d'état. Ml Contatinî j. Jean Cappello, cl
M. A. Corraro, qui furent nomoiés à cet effet, imaginèreot pour y parvenir de faire renverser et enlever de l^ile toutes les statues, armoiries, inscriptions et médailles i[ui , en conservant la mémoire des grands hommes des tems passés, n!élaient propres, disaient les înqiûsiteurs , qu*k fomenter l'ambition et Vesprît de révolle« Cest sans doute à de telles mesures qu il faut attribuer la pauvreté actuelle de I ancienne Corcyre, en monuméns de Tantiquité : à peine y rm- Gontre-t-on quelques traces de sa grandeur passée ; on n'y trouve plus même les ruines et les inscriptions citées par Porcacchi, O.-Dapper et Spon. èrevulg. Le .provéditcur Cappello résolut, en i633, de poursuiinre jâsques dans leurs repaires les nombreux {Jrates^ qui désolaient l'Adriatique. Ils s'étaient re« tranchés javec une nombreuse artillerie sur le rivage t près de Durazto, et se disposaient à vendre chèrement leur vie. Cappello^ après les avoir vivement canonnés, fit descendre ses troupes, et escalader de toutes parts leur enceinte, qui fut enlevée d'assaut; et 'en peu de temd, la flotte et les richesses immenses de ces corsaires tombèrent entre les mains des Vénitiens et des Corfiotes.