LIVRE V, CHAPITRE II
fut facile d^êxiger le tribut dans toutes les iks turques de rÂrchipeL
La paix de Riswick acheva de rumer leis af£aiires du ^^ ^^ sultan Mustapha II, en le privant de la puissante di- ^^®^'sversion que faisait la France aux efforts des Impériaux. Aussi le prince Eugène , après la célèbre bataille de Zenta, eut-il une constante supériorité sur Tannée ottomane. Le Turc sentit alors la nécessité de &ire la paix. L'empereur Léopold, dont les vues 0& portaient sur TEspagne , n^était pas éloigné de la conclure ; et les Vénitiens avaient besoin à%* terminer une guerre dont le fardeau glorieux les accablait.
On fixa le lieu du congrès à Carlowitz , petite ville sur le Danube ; et bientôt la paix se fit entre toutes les puissances belligérantes.
L'île de Leucade fut cédée à la république en toute souveraineté , et les îles de FÂrchipel furent déclarées respectivement exemptes de tribut , ainsi que celle de Zante qui l'avait payé aux Turcs '. ^" '^3
ère vulg.
La république de Venise ^ , étrangère aux grands
' DéméL Cantem. HisL Olhom. Lir. IV , §. 89. * HûL de Venise, Tome Xll, Lîv. XLVi.
ayo HISTOIRE DES ILES IONIENNES,
intérêts de la succession d'Ë^gne , garda , pendant toute cette guerre , la plus stricte neutralité, malgré les intrigues des différens partis pour la lui faire rompre : elle sut préserver ses états de rembrasement général , et conserva sa 'domînâlTon exclusive sur le golfe Adriatique , taudis que deux grandes puissances se disputaient le royaume de Naples , par terre et par mer. Enfin , les traités d'Utrecht et de Rastadt rendirent la j^ix ^ TEurope ; mais à cette époque , qai était pour les antres peuples celle d'une paix générale, les Vénitiens se virent menacés dVprouver à leur tour le fléau de la guerre. ^
La Porte , encouragée par quelques succès qu^èlie avait obtenus contre le czar Pferre, par Tépui sèment où se trouvait Tempire d^Âlleraagne à la suite de la guerre de 1701, et par Tétat où Cbarles XII avait mis la Pologne, crut Toceasion favorable pour reconquérir la Morée , et elle fit des armemens considérables contre la république de Venise.
Le sénat, informé de ces dispositions, ne put y ajouter foi que lorsqu^il vit les premières hostilités commencées en Dalmatie ; il se prépara alors à soutenir seul le poids de cette nouvelle guerre.