LIVRE V, CHAPITRE VI
sabres les supplices et les. cruautés dont toutes les îles devinrent le théâtre; ce n'était pas aux yeux de deux peuples barbares dans leurs vengeances , qu'il fallait , pour ainn dire, ^nUiÇ^ l'exemple de la férocité. D'ailleurs, quel était k crime des Ioniens? Grecs de religion, d'origine et de sentimens, pouvaient-ils demeurer insensibles à l'infortune de leurs frères ? Pouvaientils ne point former des vœux pour leurs succès , ne point coopérer à leurs triomphes ? Yictimës de l'ambition et de la duplicité anglaises , ne leur était-il point permis de désirer eux-mêmes leur propre liberté , qu'on s'obstinait à leur ravir en dépit des actes les plus solennels? Si l'Angleterre avait voulu dès le commencement mériter la bienveillance des Insulaires , il lui eut fallu remplir ses engagemeq» ; elle aima mieux y manquer que d'acquérir des droits étemels à la reconnaissance de tout un peuple; elle devait donc s'attendre it voir ce même peuple, désabusé d'une manière si terrible , soupirer après l'heure de la délivrance. Mais l'ambition ne raisonne pas ; elle se joue également et des espérances et du malheur des peuples : elle ise nourrit , pour ainsi dire , de dissimulation et de parjure. Cependant , puiçque la politique avait
ffist, des Iles Ioniennes ei Atlas. at
3a2 flIST. DES ILES lOM;, LIY. Y, GH. YI
porté la Grande-Bretagne à la perfidie» elle aurait au moins dû racheter un pareil attentat par une e^ièœ de compassion pour des opprimés, et ne pas comUtf b mesure par des atrocités dont eUe sait que l'équitable histoire consacrera Todieux souvenir « tt fera jusùce un jour.