CORFOU, CHAPITRE I
L'île de Corfou était anciennemeDt divisée en quatre parties , nommées balies ou bailliages , qui étaient Oros, Agirù, MezzoetAlefchimo. Le sénat de Venise en a fait depuis sept cantons, qui prenaient leurs noms des principaux bourgs de Tîle ; nous suivrons la nouvelle division qui vient d'être assignée en neuf cantons ou cbefs-lieux de légions de Cemides.
i^. Corfou renferme la capitale et ses faubourgs; le port Gouin ; les salines de Castrades ; celle de Potamos , et en outre deux bourgs et neuf villages.
La ville de Corfou, située vers le milieu de la côte orientale, est grande, très-forte et bien peuplée. Elle est bâtie dans une espèce de presqu'île , et n'offre ainsi du côté de terre qu'un front à défendre '. Il est couvert par deux forts détachés, placés sur le mont Saint- Abraham et le mont Saint-Sauveur. Le faubourg de Castrades est formé de l'ancienne ville appelée par les Grecs, Chrysida et Palaeopoli : on y voit encore quelques ruines, et l'on y trouve souvent des mé«
■ Voyes la PL III (^Pian de Corfou), dans TAtlas qui accompagne cet ouvrage. Cette Planche, quoique portant le M^ III , se trouve la lY^ , par suite d^une erreur du graveur.
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dailles; et (Vanciennes inscriptions, eatre autres , celles placées sur le portail de TégUse nommée Panqgim de
PaktopoUy témoignent qae ce fat lempereur Jovîen qai la fit bâtir. Près de là sont \ts fameux jardins du roi Âlciaoûs, qu^ Homère a chuatés en ces termes :
ce Jamais les arbres de ces jardins ne sont dépoar^ » vos de finuits; un doux zépbir entretient leur Tigueur » et leur sève, et pendant que leurs fruits mârissent, » il s'en développe sans cesse de nouveaux : la pomme, » prête à être cueilKe, en laisse voir une qui commence » à naître ; la grenade et Torange , prêtes à tiMober, sont » remplacées par d'autres oranges qui se colcnrent, » et par d'autres grenades; Tolive onctueuse ëemble » poussée par la jeune olive qui lui succède ; et la » figue ridée fait place à une autre qui la soit* La » vigne y porte des raisins en toutes saisons : pendant » que les uns sèchent au soleil dans un lieu àécoxi- » vert y on coupe les autres et Ton foule dans le pres^ » soir ceux que le soleil a mûris les premiers. »
Cette peintuf e est à peine exagérée ; elle pouvait seule donner une idée de la fécondité de cette terre, et de Fétonnante force de végétation qui s'y développe pendant les mois de février, mars, avril et mai. Il est
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vrai que, passe cette époque « le soleil dëlnilt son propre ouvrage et brûle les plantes tardives qui n'auraient point encore .fructifié; mais cette saison a dû suffire au laboureur pour semer et recueillir ; elle a suffi à la terre pour 1« re'compenser de ses travaux.
La citadelle occupe la pointe de la presqu^île ; elle est séparée de la ville par un front de fortifications et par un fossé que remplissent les eaux de la mer. Sur un rocher de deux cents pieds de haut se trouvent, au milieu de la citadelle , les minés de Tancien château de la Cloche, détruit en 1718. Sur un autre rocher moins élevé, est le château de Mer, destiné à la défense du port et de la darse, appelée Mandrachio.
Au milieu de la rade de Corfou , à huit cents toises environ des batteries de terre, s^élève Técueil de Yido, autrefois l'île Pytie , qui semble placé par la nature pour couvrir et défendre ce beau mouillage. On a récanment construit quelques ouvrages sur c.et écueil. La surface de cette petite île, quoique très-pierreuse, était couverte autrefois d'oliviers et de vignes ; il y avait aussi quelques habitations; mais la nécessité de la fort&r et de la défendre en a fait acheter le fond par le gouvernement, qui en a &it raser tous les arbres,
afm d*y établir les ouvrages nécessaires à la sécurité du port.
Au nord de Tîle, à mi-dîstaoee de terre, se trouve recueil du Lazaret, qui, à raison de son peu d'élévation et dVtendue , a été âésavmé des deux batteries qu^on y avait élevées en 1797. Il y a une maâson. de santé, vaste et bien disposée. Entre cette île et celle de la Paix, s^élève un troisième écueil qui se nommait anciennement Condinolissi ; ce n'est pins quWe petite roche peu élevée au-dessus de Teau, qu'on appelle maintenant Calogero.
2^. Santo MattiA, bourg bâti près des ruines de Tancienne Gardichi , ville épiscopale , détruite par les Sarrasins. Non loin de ce lieu se trouve le lac Goricia, vallée considérable, toujours couverte d'eaux saumâtres, auxquelles on n'a pu encore donner de cours. La rivière de Messongi prend sa source dans cet endroit, coule à l'est, et va se décharger dans le canal de Corfou. Ce canton comprend les bourgs de Stroagille, Stavro, et sept villages.
30. GaSTURI. Ce canton est fort peuplé; il renferme les bourgs de Gasturi, Saint-Deca, BemzEe, Sinarades, Chinopiastes et dix rillages. Dans Pétendue