LEUCADE, CHAPITRE I
Il y a entre Tîle de Leucade et la langue de terre inondëe qui la joint au continent, un bel aqueduc, long de plus de mille deux cent soixante mètres, qui sert de pont de Pifne.à Tautre, bien qu^il n'ait guère qa^un mètre de largeur.
Le meilleur port de lUe est celui de Climeno , placé à Test, en face et à trois lieues de la terre ferme ; il offre un bon fond , une bonne tenue , et peut recevoir jusqu'à des vaisseaux de guerre.
L'île d( BUganUd^ située au sud-est de Leucade, forme avec elle un caniil de deux lieues de longueur et cinq à tix cents toises au moins de largeur. Elle est habitée, cultivée, et dépend de Tile de Leucade dont die fait partie.
, Le sol de Leucs^e, quoique tiis-montueux , est fertile en grains , vins , olives , citrons , amandes. Il s'y trouve aussi quelques pâturages et des salines, qui sont d'un produit considérable. I^'éiendue entière du territoire de. File, formé d'une lionne qualité de terre, serait susceptible de culture ; mais le défaut de population restreint à un sixième de la superficie sa partie en rapport %àt& habitans ne cultivent de blé que pour un tiers de leur. consommation. Ils ne font également
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de yin que pour leiïr asage ; tout leur superflu confliste en huîle et en sel.
L'île de Leiicade atait autrefois des bois de cliêDe et d'autre nature ; il n'en reste qae sur le sommet âes montagnes; encore s'en trouvé-i-îl peu, et celui qm reste est d'une exploitation difficile. L^le est pourvne de sources abondantes, dont quelques-unes foumisMiit assez d'eau pour faire tourner des moulins.
Les communications sont mauvaises, les cotes inabordables ; elles n'offrent d'abri que dans Je canal de Sainte-Maure; ce qui fait sentir )a nécessite de le rouvrir et de le rendre navigable partout : otr les dangers qu'il présente par ses bancs de sriile, et ceux qu'on éprouve à doubler le cap de Leucade » en éloignent les barques marchandes , qhi trouveraient dans cette îleim entrepôt commode pour leurs cargaisons, et de nouveaux objets de spéculation. Cet avantage s'étendrait d'ailleiaûrs ^ toutes les îles environnantes; dont il facilitèrent les communications et le commerce avec larbôte de Turquie.
Les habitanS' de l'île de Leucade sont de la religion grecque, et ont un évéque particulier; Ils ont été de tout temd'Cbrt adonnés à la marine; aussi leurs mœurs
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se ressentent-elles de cette inclination qui les a portés à la piraterie. Plus d^une fois les habitans des îles voisines ont été contraints de se liguer pour réprimer leurs brigandages.
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