CHAPITRE II
Population. — Mœurs. — Produits. — Commerce. — Température. «— ReUg^ou.
liA popolalion de Cé^halonie se monte à soixante «nllle âmes. Cette population ne s'adonne guère aux travaux, de ragriculture; ks Céphaloniens, natarellement paresseilx, mais avides de gain, négligent la terre, dont la mise en valgir nécessite trop de peines et de bras, et préfèrent se livrer au commerce maritime. Oiï estime que les plaines ou vallées cultivées forment au plus un. sixième de la superficie de Tîle. ^
Les insulaires ont encore utilisé , par différens genres de productions , un aulre sixième prit dans les montagnes, ce qui porte la totalité dû terrain en rapport au tiers de la superficie da sol. Si on divise ce tiers en cent parties , le rapport des genres du ppodaît peut se calculer ainsi qu^il suit : :^
CÉPHALCMNIË, CHAPITKE H. 365
Parties occapées par le* oliviers. • ^. lo
Par les raisins de Corinthe 16
Par les ylfpts de tonte espèce 25
Par h culture du coton 4>
Par les grains , légumes et autres productions diverses 4-^
Les Céphaloniens sont vifs, spirituels , indostriem , et ne craignent pas d^abandonner pendant quinze eu vingt ans leur patrie, pour s^enricUr. Us courent les mers, s^^tablissent partout où ils trouvent à faire quelque profit, fondent des cblonies dans, la mer Noire, dans FÂsie mineure, dans TÉgypte; et après nombre d'annëes, ils reviennent, avec ce qu^ils ont amassé , couler paisiblement leur vieillesse au sein de leur famille. Les persécutions des Vénitiens, qui voulaient empêcher cette émigration ^momentanée, ont causé la presque dépopulation de l'île, dont les habitans ne revenaient plus, une fois qu'ils en étaient sortis.
L'île de Cépbaloilie produit des oliviers, d^ mûriers, l'espèce de frêne qui donne la manne, du blé, et toutes sortes de légumes. On y a même essayé avec
succès la culture de .rindigo et de la canne à socre. Mais le raisin de Corinthe et Thuile d*olive sont les principaux produits du pays ; ils rapportent le plus avec le moins de travail, quoique les vices de la culture leur donnent, en général, une infériorité marquée en comparaison de Fhuile et des raisins de Corintbe récoltés à Corfou et à Zante.
G^halonie fournit aussi une petite quantité de co4on, qu*elle exporte brut; beaucoup de vignes , 4a» t «Ile tire un vin appelé musofi Ùanc^ qui est fort esûmé chez l'étranger ; un peu de miel, de cire et de fromage. Elle nourrit un certain nombre de bœufe et de troupeaux , et possède dmx manufactures ; Puoe d^excellent ross&lis, et l'autre de toile de coton, appelée id&tàSr?, dont ou exporte une grande quantité en Morée et en Romélie.
Quels que soient ces produits du terrain et de Tindttstrie, ils ne suffiraient pas au» besoins de Tâe, sans les sommes qu'y fait entrer le gain considérable de plus de cent cinquante bàtimens marchands, tant grandg. que petits , construits , équipés et «itretenus par les insulaires.
Les costumes des Céphaloniens^nt léè mêmes que
CÉPHALONIE, CHAPITRE' II. * SGy
ceux des Corfiotes. Ils professent la religion grecque, mais ils sont moins superstitieux que les autres habitans des Iles Ioniennes.
La température est la même que celle de Zante et de Corfou; Pile est également sujette aux secousses de tremblemens de terre qui sont fortes et fréquentes. Le manque d^eau douce est aussi un des grands inconvéniens du pays. . ,
ITHAQUE
Description. — Mœurs. — Commerce.
L*ILE d'Ithaque est située au nord-est de Cëphalonie, dont elle est séparée par le canal de Tîscardo.
Elle renferme on excellent port, très-spacieux et trèscommode, ^nommé f^àii^ dont Tentrée est au levant, vis à vis la Romélîe. Elle est peuplée de quatre mille Eabitans , dont les morârs se ressentent de la nature âpre du pays.
Les Ithaciens sont d'ailleurs, comme les Céplialoniens , sobres et industrieux ; ils cultivent leur âe , dont ils retirent, à force de peines et de travail, du raisin de Gorinthe qui passe pour être bien supérieur à celui des autres îles, et quelque peu d'huile d'olive assez estimée. Ils font aussi, avec un très-petit nombre de barques, un commerce assez borné sur les côtes de
ITHAQUE. 369
la Romélîe, dans les canaux de Sainte-Maare et dans les golfes de Lépante et de Patras. Ils étaient primitivement gouvernes par les Cëphaloniens, dont ils ont conservé le costume et les mœurs y en professant la même religion.
ffist. des lies Ioniennes et jitias»
370 DESCRIPTION BT STATISTIQUE.
ZÀNTE.