‹ Histoire de la Grèce. Description des îles Ioniennes, Corfou, Paxo, Leucade, Ithaque, Céphalonie, Zanto, Cérigo et Naxos; depuis les temps fabuleux et héroiques jusqu'à ce jourChapitre 178 sur 197 · CÉRI60, CHAPITRE II. S · texte numérisé non relu

CÉRI60, CHAPITRE II. S

ont la hauteur et Tépaissear convenables ; il contieut les logemens et magasins nécessaires à sa garnison, et il pourrait, avec un armement de huit pièces de canon et quarante hommes , résister au moins quelque tems. Ce qui s^op{^se toutefois à ce qu^on doive en attendre une longue défense, c^est quMI occupe un espace on ne peut plus resserré,. .et qu^il est absolument dépourvu d^eau douce.

Hist, des lias loniennet et Ailas. a 5

CERIGOTTO.

Description de Ttle de Cérigotto.

LMle de Cérigotto est sitaëe dans TArchipel, entre Cérigo et Candie, dont elle est à égale distance, à peu près huit lieues. Elle a trois lieues de circuit Sa côte forme plusieurs anses, entre autres une asseft bonne rade» au fond de laquelle il y a un port.

Le sol en est montueux et ressemble à celai de Cérigo ; les pentes des knontagnes et les étroites vallées qui les séparent, sont couvertes de pâturages. On y trouve aussi des lièvres , des cailles et des faa- ' cons. L'île de Cérigotto est habitée par trente quatre familles , formant environ deux cents individus. Ils j vivent mis^bles et sans se livrer à aucun genre d^indttstrie, parce que rien ne les garantit des corsaires barbaresques , qui les dépouillent souvent du peu qu*ils possèdent.

GÉRIGOTTO. 387

Cette île se nommait anciennement Epia et Égiala, et dépendait de Tîle de Cjthère.

Elle a toujours appartenu depuis aux possesseurs de Cérigo.

Une autre petite île ou ëcueil, appelé Cervi, est situe au nord de Cërigo , dans le golfe de Colochina. C^était autrefois la presqu^ile d^Onugnatos.

Entre sa pointe et Tîle de Cythère commençait le dangereux détroit du cap Malée , si redouté des Anciens. L^île de Cervi est habitée par des Turcs de la Morée.

Description et statistique de Ttle de Naxos. — Anllquîtés. — Nomeockture des villages de cette tle.

L'UE de Naxos ou Naxie es1{sitaée.clan5 TArchîpd, au millea des Cyclades, par 43 degrés /^o minâtes de longitude Y et 37 degrés 5 minutes de lailtucle. Elle forme à peu près un ovale, dont Tune des extrémités est dirigée vers le nocd-est, et Tautre vers le sud-ouest Elle a Tile de Paros à Touest, à la distance de trois mille cinq cents toises; plusieurs petites îles ou écuells sur les côtes, du même côté; celle deStenosa au nordest;* les îles deNlo, Nycarla, Âmorgos, Mycône, Délos, etc., Tentourentà une plus grande distance.

La côte de Naxos, généralement élevée, n^ofiic^ aucun port qui réponde à Tlmportance que donnent \i cette île sa grandeur et sa fertilité. Ceux qui s'y trouvent, manquent de fond, ou bien sont exposes au

vent du nord, d'est et de snd-est. Il faat donc attri* baer Tancienne puissance dt cette république à k possession de Paros et d'Ândros , qui ofiraïent d Vx*cellens ports à la marine de ces insulaires.

Maxia, la capitale de rile,'\*st située sur la côte occidentale 9 vis à vis de la petite île de Strongyîe, célèbre par son temple de Bacchus» dont il reste encore de belles raines.

Elle est dominée par un château, bâti par Marc Sanudo, qui fut premier duc de TArchipcl; c'est assez dire qu'il serait d'une médiocre défense. Une tour cairée ipi^il renferme en forme le donjon. C^était pla<dt Tasile d'une partie des babitans de File contre Tautre , qu'une dtadelle capable de résister aux efforts d'iine puissance étrangère. De cette bame inve'térée des Latins contre les Grecs, est venue sans ddute la négligence du Naxiote à défendre son île cottlr e lei$ pirates , pour s'enfermer dans une totur d'où il put se garantir des attaques de son voisin, ou méi|ie chercher à le molester.

On iroQve àmà Pile de Naxos la montagne de Zia, nommée par les Anciens le mont de Jupit^er; c'est la plus élevée de l'île. Une antre se nomme encore

Sgo DESCRIPTION ET STATISTIQUE.

CoFono, de Coronis, nourrice de Bacchas; Fanari est aussi une montagne assez considérable; etles étaient toutes célèbres par les beaux marbres qu'on en tirait On tire maintenant de quelques-unes d'elles une prodigieuse quantité d'émeri , dont on (ait une branche d'exportation.

Les vallées de cette île sont délicieuses. Les prin* cipales, celles de Pérato, de Mélanez, de Darmilla, sont couvertes d'orangers, d'oliviers, de limoniers, de cèdres, de citronniers, de grenadiers, de figoîers et de mûriers.

Les plaines de Tïaxia, d'£ngarez, de Gorchi, de Sangzi, de Sidéra Petra, de Potamides et de Lîvafia, sont également fertiles ; l'île eutièrê est arrosée par

une quantité de fontaines et de ruisseaux qui en font

un lieu de délices.

Kaxo& produit d'excellent vin. LesNaxiotes coltivent

fort bien hi vigne, quoiqu'ils la laissent traîner par

terre jusqu'à huit ou neuf pieds du tronc; ce qui

fait que, dans les grandes chaleurs, le soleil dessèche

trop les 'raisins , et que la plme les ùk pourrir plus

facilement que dans les pays ou les vignes sont soutenues par des échalas.

NÂXOS. 391

Bien qu^îl u^y ait poîpt h Naxos de port propre k j attirer ub grand cbmmerce, on ne laisse pas d'y faire un trafic considérable en orge, vin, figues, coton, soie, lin, sel, boeufs, moutons, mulets, âneri et huile.

On n^y brûle que de Thuile de lentisque, quoicpie celle que donnent les olives y soit à fort bon compte ; on réserve cette dernière pour le commerce»

La pécbe de Naxos, la douane et les saUnes ne sont a0ennëes que huit cents écus ; aussi le quintal de sel ne s'y vend pas plus de quatre sols.

I^es Turcs en tiraient annuellement 2i peu près six nûHe écus : ils eussent pu porter ce revenu bien plus haut , s'ils eussent mis les hsdûtans à Pabri des pirates qui les rançonnaient souvent.

L'île de Naxos renferme une quarantaine de villages, et cependant la population est à peine de dix mille âmes. Lçs Grecs y sont en bien plus grand nombre que les Latins ; et ceux-ci , descendapt des anciens propriétaires de l'île, ont conservé ud«. morgue insupportable. Aussi les Turcs n'avaient-ils. pas lieu d'apprâiender àfis révoltes. Les Grecs et' les Latins s'épiaient mutuellement pour dâioncer' au . cadi le

Diauiâre\b0iKveiiient des ans .^t 4es autres ; et le Grand Seign^r, rassuré -par rîn^èlt iDÎmi^é de ces insulaîres, les gouveniait avec quelques ianiUies torques, en leur laissant la faculté de >DOiQiiier leurs adiuiiùs-

trateurs. *

Il y a deM archevêques à Naxos; Tun grte et l'autre lalm. Chacun a un revenu afesez ccmaUérable : sa métropole, plusieurs églises, des monastères et un clergé nombreux. Les religieux des différens couvens de Tîle exercent la médediiie^t ont de très-booncs pharmacies.

LesLatinsont généralement lescoolumesetriH^eil vénitien. Les- Grecs ressemblent pour les mœurs et le costumes à ceux des iles Ioniennes. Ils sont fort peu industrieux , montent p» des échelles à leurs tours, faute d'*esca1iers, 4fl n^ont d^autres occupations que celles de ragricnlture, de la chasse et jde la pèche, sans cultiver ni les sciences, ni les sffts indostnels.

L^île de Naxos présente encore plusieurs antiquités remarquables.

On tveuve , au bas de la montagne de Zia^ un bloc de marbré aytc cette inscription, ^ langue grecque:

MoniagnTe.ie Jupiter y protecteur des troupeaux.

Oa y voit la grotte où Ton prétend que les Bac^ chantes célébraient leurs orgies.

Vers le port d^Apollonos , on trouve quelques vestiges du temple que les Athéniens avaient élevé à Apollra, sur la côte opposée à Tile de Délos.

Sur recueil de Siroagyle, près du château , on voit les ruines du temple de Bacchus. Elles consistent en une très-belle porte, restée debout parmi des monceaux de marbre et de granit.

Cette porte, qni n^est que de trois pièces de marbre blanc, est du meilleur goât dans sa simplicité; deux pièces ea^font le montant, et la troisième le linteau. Le seuil était de trois pièces; on a emporté -cellie da milieu. La porte dans œuvre a dix huit pieds de haut, sur onze pieds trois pouces de largeur; le linteau a quatre pieds d^épaisseur; les mon tans de même, sur trois pieds et demi de largeur. Tous les marbres étaient cramponnés avec du cuivre ; car on en trouve encore des morceaux parmi les ruines.

Je donne ici la liste exacte des villages de Tile , dont il VÙL2L été impossible de faire figurer les noms sur la carte que j^en ai tracée dans TAtlas joint à cet ouvrage {Fc^fez PI. XI.) Le peu d'étendue de Téchelle

Page 1